Star Trek : Critique

Laurent Pécha | 3 mai 2009
Laurent Pécha | 3 mai 2009

A l'heure des remakes, voire reboots, à gogo de tout un pan du cinéma US des années 70 et 80, l'arrivée sur le devant de la scène d'un nouveau Star Trek n'étonne plus. Si d'ordinaire, on voit souvent l'opération d'un mauvais œil (avec raison une fois découverts les objets en question), il n'en va pas de même ici puisque c'est le malin et talentueux (ou talentueux malin) J.J. Abrams qui porte le projet à bout de bras. Ayant annoncé qu'il avait fait le film pour tous ceux qui n'aimaient pas la célèbre franchise, le créateur de Lost semblait vouloir se couper des fans de la première heure pour convaincre les nouvelles générations, soit le plus grand nombre, seules susceptibles de faire du projet un hit commercial.

 

Cela ne pouvait pas être aussi simple ! Son Star Trek est en fait bien plus roublard et savamment pensé que ça. Au point de mettre tout le monde d'accord au bout de deux heures d'un spectacle virtuose et spectaculaire. A l'image d'un Iron Man, grosse bonne surprise des blockbusters 2008, Star Trek parvient à faire presque autant de charme aux néophytes qu'aux trekkies de la première heure. Comment ? En alliant une vraie modernité du récit (la première heure est on ne peut plus mouvementée avec une présentation des personnages et enjeux dans l'action plus que par la parole) à un respect des codes fondateurs de la saga créée par Gene Roddenberry (esprit pionner, prospérité de l'humanité, science au cœur des débats), J.J. Abrams jongle avec maestria avec l'univers riche de Star Trek tout en le rénovant (personnages jeunes, mise en scène virevoltante,...).

 

 

Tout est ici une question de dosage et ça, Abrams sait le faire peut être mieux que quiconque (allez, on lui met encore devant Tarantino). A chaque fois que son haletant récit - à l'image d'une extraordinaire séquence d'action à base de chute libre, combat sur un plateforme aérienne instable et téléportation défaillante - tend à trop s'éloigner des codes que tous les trekkies chérissent, le cinéaste se rappelle à leur bon souvenir (la grande idée de faire revenir Leonard Nimoy dans un rôle qui n'a rien d'un caméo) au point que la deuxième partie, plus sage, ressemble de plus en plus à ce que l'on connaît de Star Trek, et notamment cette chère passerelle de l'Enterprise et tout son équipage prêt à effectuer les manœuvres que leur dicte leur capitaine.

 

 

Doté d'effets spéciaux tout bonnement inattaquables, d'un casting des plus homogènes, d'un scénario aussi novateur (superbe séquence d'ouverture) que référentiel (les trekkies auront de quoi discutailler sur le trottoir du ciné), Star Trek est le premier blockbuster enthousiasmant de 2009. Au point que lorsque résonne la voix de Spock nous invitant à aller aux confins de l'espace, là où nul homme n'est allé, on n'a qu'une envie : faire partie du voyage. 

 

 

Résumé

Vivement la suite !

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(5.0)

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