Critique : Revanche

La Rédaction | 11 mars 2009
La Rédaction | 11 mars 2009

Nuances. Après le dérangeant Antares (2004), Götz Spielmann filme une revanche. Pas une vengeance à la Bronson (même si la moustache d'Alex, le personnage principal, indique une parenté dans la virilité), mais une revanche, dans tous les sens du termes, seconde chance de vie, y compris.

 

Pour arriver à prendre l'entière mesure de ce mot, le réalisateur autrichien débute son histoire tôt et la joue en deux actes. Employé dans un bordel de Vienne, le moustachu entretient une relation avec une prostituée, Tamara. Coincés dans l'engrenage du proxénétisme, ils vont tenter un gros coup pour s'en sortir mais c'était sans compter un policier de province. Fin de la première heure, début de la vengeance.

 

Nimbé dans une tranquillité imposante et implacable, la mise en scène prend le temps de donner aux personnages un vécu pour nouer le drame de leur existence. Au cours d'une lente dégringolade, ils s'enfoncent peu à peu vers une tragédie résumée par les mots du grand-père d'Alex : « À la ville, on est soit une fripouille, soit un arrogant. » Comment faire pour se sortir de cette dualité insupportable ? Götz Spielmann trouve la réponse dans la nature, dans la réflexion, en pesant le pour et le contre et en faisant monter la tension doucement. De scènes en scènes, calmement, la vengeance lutte pour être une revanche sur la vie. Mine de rien, Spielmann renverse alors tout les « revenge movie » et donne à son récit une humanité bien loin du sadisme libérateur en vigueur dans le genre. Et c'est beau.

Julien Welter

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