Critique : Le Code a changé

Vincent Julé | 15 février 2009
Vincent Julé | 15 février 2009

Bah oui, le code de la porte a changé. C'est con, les invités du dîner organisé par Danielle Thompson sont obligés de sortir leur téléphone portable pour pouvoir entrer. Voilà pour le titre. A moins que par code, elle sous-entende convenance, politesse, apparence... Il serait donc question, le temps d'un dîner, de faire tomber les masques comme dans Festen. Sauf qu'il ne faut pas oublier que la réalisatrice de Fauteuils d'orchestre fait un cinéma de bourgeois. Son dîner annuel entre amis n'est donc qu'un petit jeu sans conséquence, où l'on se dit beaucoup bonsoir, où l'on plaisante sur le repas polonais préparé, où les souvenirs se disputent aux anecdotes... et où l'on ne s'ennuie pas. Car malgré une propension au brouhaha et à l'ellipse, le spectateur se surprend à sourire à une blague vaseuse de Patrick Bruel, à partager le désarroi de Marina Foïs, à se perdre dans les yeux d'Emmanuelle Seigner et finalement, à s'y croire. Et c'est bien sûr grâce aux invités.

 

Danielle Thompson est une habituée des casting gratinés (maousse et double couche), et Le code a changé n'y échappe pas. Mais c'est moins le tour de table qui est ici important que sa disposition. Pour un Danny Boon, une Karin Viard. Pour un Patrick Bruel, une Marina Foïs. Pour un Pierre Arditi, un Patrick Chesnais. Des couples mal assortis, mais qui se révèlent intéressants et amusants à défaut d'être vraiment crédibles et touchants. Il faut dire qu'il est plus question de cul que de cœur, d'amants que d'amoureux et de remises en question que de réels choix de vie. Si Danielle Thompson reprend la construction de ses précédents films avec unité de temps et de lieu (et le avant et après), elle semble se rendre compte au plat de résistance que son dîner s'éternise. D'où un flash-forward un an plus tard, qui pour le spectateur arrive comme une délivrance et peut-être la fin du film. Sauf que bientôt, on est de retour au fameux dîner et ainsi de suite. Ces allers-retours voudraient dynamiser le récit mais finissent juste de le plomber. Dommage, pour une fois que la dame était de bonne compagnie.

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