L'Oeil du mal : Critique

Laurent Pécha | 22 décembre 2008
Laurent Pécha | 22 décembre 2008

Le sympathique duo, D.J. Caruso et Shia LaBeouf, de l'efficace Paranoïak se retrouve pour adapter une idée que Spielberg en personne avait failli plus d'une fois porter à l'écran dans les années 80. Dis comme ça, L'Œil du mal (titre au combien non subtile au regard de son titre original, Eagle eye) attise la curiosité et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il renvoie généreusement l'ascenseur au cours des presque deux heures d'une projection haletante.

Film idéal du samedi soir où l'on est invité à laisser ses neurones au vestiaire au risque de passer son temps à spéculer sur les innombrables invraisemblances du récit, Eagle eye joue la carte de la surenchère avec un enthousiasme communicatif transformant cette détonante chasse à l'homme technologique en passionnant thriller à l'énergie décuplée. Autour de l'impeccable Shia LaBeouf, héros idéal car personnification parfaite du jeune américain moyen, et d'une kyrielle de comédiens de renom visiblement ravis d'être là (Michelle Monaghan, Rosario Dawson, Billy Bob Thornton, Michael Chiklis), le réalisateur D.J. Caruso se rappelle au bon souvenir de son mentor, John Badham, en ne signant rien moins que le Wargames des années 2000.

 

 

Avec cette même capacité à nous faire (presque) croire à l'improbable, le cinéaste multiplie les rebondissements les plus extravagants, se montre généreux dans l'action (une superbe poursuite en voitures qui évite les CGI désormais d'usage) et maintient un suspense efficace eu égard aux impératifs narratifs d'une telle production : on n'est pas dans les années 70 et la fin le prouvera...malheureusement serait-on tenté d'écrire. Qu'importe si la machine parfaitement huilée subit quelques ratés et ne fait qu'effleurer le grand thriller paranoïaque façon 70's (Les Trois jours du condor et The Parallax view en tête) que l'on aurait pu avoir (l'intention première de Spielberg était de faire peur avec un téléphone portable comme il avait pu le faire avec un requin !), Eagle eye demeure en l'état, l'un des blockbusters 2008 les plus respectueux de son public.

 

 

 

Résumé

Un spectacle ultra divertissant concocté par un réalisateur que beaucoup qualifierait de « yes man » à la botte des studios mais que l'on préfère, dans nos pages, désigner comme un solide artisan. Dans le sens le plus noble et respectueux du terme.

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