Critique : Twilight - chapitre 1 : Fascination

Jean-Noël Nicolau | 6 janvier 2009
Jean-Noël Nicolau | 6 janvier 2009

La sexualité a toujours été au cœur du mythe vampirique, en particulier sous la forme de l'éveil des sens et de la frustration. C'est sur ces bases que le premier volet de la saga Twilight fonde son univers. Si l'on doit reconnaître une qualité majeure au film de Catherine Hardwicke c'est d'avoir retrouvé une partie de ce qui faisait la réussite de sa première œuvre, Thirteen. Les tourments adolescents, gentiment métaphoriques, s'expriment avec érotisme et nuances. Twilight est ainsi davantage une chronique sentimentale qu'un film de vampires.

 

Ceux qui viendraient pour le frisson fantastique, voire le gore, peuvent passer largement leur chemin. Les séquences à effets spéciaux sont à peine dignes d'un téléfilm, voire souvent assez ridicules. Le méchant de l'histoire intervient dans la toute dernière partie, de manière très artificielle, et semble n'avoir qu'une utilité de béquille dramatique pour ajouter un peu d'action. Twilight pourrait se contenter de ses personnages et surtout de son couple principal, vraiment attachant. Dès que le film dévie un peu de Bella (incarnée par la très juste Kristen Stewart) et de sa fascination pour Edward (Robert Pattison, qui évite le ridicule d'un rôle casse-gueule), on peut légitiment trouver le temps long.

 

La mise en scène de Hardwicke hésite entre une sobriété bienvenue et des effets grossiers qui prouvent qu'elle est incapable de gérer les codes d'un blockbuster. On retiendra aussi l'excellente partition de Carter Burwell (le compositeur attitré des Coen) qui compense un peu les inévitables chansons formatées pour les radios FM.

 

Bien sûr, on n'échappe pas aux clichés et l'univers décrit demeure assez simple et naïf. Pourtant son potentiel est indéniable. Le mélange de tendresse et de menace de la relation Bella/Edward s'avère respectueux de la mythologie héritée de Dracula et certaines scènes sont réussies. En tant que teen movie, Twilight fait aisément partie du haut du panier et c'est une bonne surprise. Il ne faut simplement pas oublier que l'œuvre s'adresse en priorité aux demoiselles de 17 ans. Et si le spectacle s'avère parfois frustrant, on finit par comprendre que c'est justement le thème principal du film.

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