Critique : Agathe Cléry

Par Vanessa Aubert
12 novembre 2008
MAJ : 21 mai 2024
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Maître pour ridiculiser la bourgeoisie, dénonciateur des petits travers de la société, Etienne Chatiliez est un de ces réalisateurs dont on attend les comédies pour mieux se moquer des autres. Une fois n'est pas coutume, c'est au racisme qu'il s'attaque cette fois faisant de Valérie Lemercier la blanche raciste devenue noire.

Partant d'un postulat saugrenu et pourtant crédible (la maladie d'Addison existant réellement et ayant touché J.F.K. lui-même), Chatiliez trouve l'axe idéal pour donner du burlesque à sa thématique : le racisme. En dénichant la perle de l'humour décalé qu'est Lemercier, il semblait pourvoir réussir à mêler préciosité et présence physique pour un même personnage et ainsi remporter son pari d'une comédie intelligente et bien vue. Pourtant, c'est tout le contraire qui semble se passer. Voulant donner de la légèreté à sa comédie, le film enchaîne dès les premières images les intermèdes musicaux mettant en doute une éventuelle appartenance au genre mythique de la comédie musicale. La qualité des chorégraphies et la pauvreté des paroles des chansons renvoient davantage les interludes à des pubs MAAF qu'à un héritage lointain de Gene Kelly. Découpant l'histoire sans jamais enrichir le propos, ces pauses musicales prolongent la caricature déjà perceptible à travers les personnages. En voulant dénoncer le racisme, l'auteur en montre certains aspects et ne fait qu'exposer les clichés : la femme noire sait danser, a le rythme dans la peau et n'est jamais embauchée malgré ses compétences quand le raciste a peur des gens de couleur et les croit tous pratiquants de l'excision et du maraboutisme. A trop vouloir dénoncer, Chatiliez en oublie de faire rire et la qualité du casting (Lemercier mais aussi Rochefort, Kavanagh, Nanty, Lavanant et De Penguern) ne peut rien contre un propos manichéen et un histoire cousue de fil blanc. On aurait aimé un propos plus nuancé et une réalisation offrant une dynamique moins années 80. Le cinéma n'est décidément pas un long fleuve tranquille…

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