Critique : Obscénité et vertu

Jean-Noël Nicolau | 19 septembre 2008
Jean-Noël Nicolau | 19 septembre 2008

Madonna en tant que réalisatrice ne peut qu'intriguer. Mettant avec sagesse de côté sa carrière d'actrice qui n'aura surtout connu que des bas (on vous évitera la liste), la Ciccone s'essaie à la mise en scène avec les mêmes qualités et les mêmes défauts que son parcours musical. Faussement perverse et vraiment naïve, Madonna tombe avec Obscénité et vertu dans ses pires travers. Un peu à la manière de son plus mauvais album, American Life, et de la tournée extrêmement prétentieuse qui le suivit, l'artiste pense que sa vision du monde est susceptible de nous apporter des révélations bouleversantes.

 

Mais en ne parlant que d'elle, au travers de trois personnages d'artistes qui essaient de percer chacun à leur manière (le bohême, l'ingénue pervertie, l'innocente rêveuse), Madonna enfonce toutes les portes ouvertes et accumule tous les clichés. En particulier au niveau de la mise en scène qui suit le petit manuel du parfait film indépendant new-yorkais, sans jamais s'évader des carcans qui semblent assurer la sécurité de la chanteuse. Car Obscénité et vertu ne transgresse rien, et s'affirme hautement politiquement correct.

 

Alors pour faire un peu illusion, Madonna digresse, théorise lourdement, essaie de mettre du désordre et surtout de l'humour (peu efficace) au sein de son enclos. Mais on reste indifférent, quoique gentiment touché. Pour cela, il faut sans doute avoir au moins une petite part d'affection pour le personnage et son innocence biaisée. Mais on pourra tout autant rejeter sa mégalomanie qui avance ici suffisamment masquée pour exaspérer, ou au moins lasser, le plus grand nombre.

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