Critique : Inland

Jean-Noël Nicolau | 4 septembre 2008
Jean-Noël Nicolau | 4 septembre 2008

Un géomètre s'ennuie dans un coin de désert algérien. Il y croise une jeune immigrée qui souhaiterait rejoindre la frontière. Quelle frontière ? Peu importe, Inland se conçoit comme un trip esthétique : d'interminables plans fixes ou tremblotants, durant lesquels le spectateur n'a pas d'autres solutions que de compter littéralement les moutons ou d'admirer des prises électriques. Oui, on dirait de la photographie contemporaine, pas particulièrement inspirée. C'est donc parfois beau, mais la durée des images devient insupportable au bout de quelques instants.

 

Le réalisateur, Tariq Teguia, se donne un mal fou pour accoucher des plans les plus inattendus (et déplaisants) et pour supprimer toute tentative de dramaturgie. On connaît la méthode, elle n'est pas neuve. On pense ainsi beaucoup au Twentynine palms de Bruno Dumont, qui proposait pourtant nettement plus de sens et d'intensité. Ici il ne reste plus que le néant du cinéma. Les sièges de la salle claquent sans trêve dans le silence de ces visions amorphes. La puissance et la fascination devraient être au rendez-vous, mais seuls les doux bras de Morphée pourront apaiser ces 2h20 assomantes.

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