Critique : Hamlet goes business

Nicolas Thys | 6 juillet 2008
Nicolas Thys | 6 juillet 2008

Parmi les quatre premiers longs-métrages d'Aki Kaurismäki figurent deux adaptations de grands classiques littéraires transposés à chaque fois à l'époque où les films furent tournés. Tout d'abord Crime et châtiment en 1983 tiré de l'œuvre de Dostoïevski et en 1987 Hamlet goes business inspiré de Shakespeare.

 

Cet élément est assez surprenant car bien souvent les adaptations de romans ou de pièces mondialement célèbres ne favorisent pas la mise en place d'un style propre au cinéaste mais montre au contraire une déférence importante qui l'empêche de s'exprimer de peur de trahir l'ouvrage. Ce n'est pourtant pas le cas de Kaurismäki qui s'amuse à modifier les œuvres sans aucun remord afin de ne retenir que ce qui l'intéresse en tant que réalisateur.

 

Si Crime et châtiment est loin d'être le meilleur film du cinéaste (Kaurismäki dit d'ailleurs de son film, avec sa verve habituelle et d'une manière bien trop sévère, que s'il est une réussite artistique alors George W. Bush est un homme honnête !) il comporte cependant plusieurs séquences très réussies et reste tout à fait représentatif de son cinéma. Hamlet... par contre est un petit bijou d'humour noir aux répliques acerbes et délirantes et à la plastique impeccable.

 

Ces deux œuvres de jeunesse du réalisateur finlandais affichent donc déjà toute l'envergure d'un style si singulier entremêlant humour et drame, réalisant un mariage étonnant de couleurs ternes ou brillantes et constitué de cadrages originaux et déconcertants sur fond de critique sociale, économique et politique forte. Comme souvent par la suite il met ici en scène des individus d'une innocence et d'une naïveté telles que leur entrée dans le monde réel causera leur perte.

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