Critique : Péril en la demeure

Nicolas Thys | 25 mai 2008
Nicolas Thys | 25 mai 2008

Péril en la demeure est un polar à l'atmosphère très particulière. On retrouve la même ambiance que tente de distiller Michel Deville dans ses films depuis la fin des années 1970.

 

Tout concourt à instaurer d'un climat oppressant, lugubre et énigmatique. La gestion de l'espace et du temps par exemple : de l'immensité du loft de Christophe Malavoy et du peu de meubles qu'il comporte face à l'impression de vase clos dans les demeures immenses et cossues de ses employeurs aux éclairages sombre et malsains, toujours grisonnants. Mais aussi les personnages et leur caractère secret, manipulateur et tordu auquel est confronté le protagoniste, chacun amenant avec lui un bagage cinématographique qui pèse terriblement et joue de vilains tour : de Richard Bohringer en tueur affirmé à Anémone en voisine extravertie en passant par Michel Piccoli en gentil voisin et Nicole Garcia en séductrice ravageuse à l'érotisme torride.

 

Mais l'essentiel du film se joue dans le montage de Raymonde Guyot, une habituée du cinéaste depuis Le Mouton enragé qui multiplie les faux raccords visuels et sonores, parfois même au sein d'un même plan, passant d'un espace à l'autre sur une même phrase et jouant avec des caches aux figures étranges. Tout semble être faussé dans Péril en la demeure, destiné à accentuer le trouble initial d'une rencontre assez impromptue jusqu'à un final peut-être assez attendu mais qui n'enlève rien à la beauté et à la puissance formelle et narrative d'un film qui peut aussi se lire, et c'est régulièrement le cas chez le cinéaste, comme une réflexion sur le voyeurisme et le pouvoir manipulateur, érotique et révélateur de l'image.

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