Critique : Asylum

Vincent Julé | 15 avril 2008
Vincent Julé | 15 avril 2008

« J'ai toujours rêvé d'être un gangster, explique Samuel Benchetrit, aurait pu tout aussi bien s'appeler J'ai toujours rêvé de faire du cinéma ». Deux formules en une qui conviennent encore plus au premier long-métrage d'Olivier Château. En effet, le générique se la joue stylisé à mort, avec ce qu'il faut d'amateurisme pour presque le décrédibiliser. Puis la voix off maladroite de Julien Courbey, qui rêve donc d'être un gangster comme dans les films (au pif, Les Affranchis), se dévoile sur un décor de sous-sol brumeux, un jeu de roulette russe et une image presque noir et blanc, plus sépia. Le ton et le grain renvoient directement à l'école du court-métrage, et la question de la distribution d'Asylum en salles peut se poser.

 

Pourtant, rapidement, la sincérité et l'intégrité du projet ne font plus aucun doute. Qu'il joue à la roulette russe comme dans 13 Tzameti ou se frotte aux dangers du milieu comme dans 13 m², le film comme son acteur font preuve d'un sens de l'honnêteté et de la débrouillardise bienvenues. Et si Julien Courbey va payer le prix de se croire plus malin, le film reste le plus souvent à hauteur de ses ambitions. Pas très hautes donc mais proportionnés. Ainsi, les 20 premières minutes ne sont qu'une mise en bouche, une exposition d'un savoir-faire et d'un personnage, avant que les deux ne se retrouvent attachés à un arbre en pleine forêt.

 

Ce revirement narratif peut paraître contestable puisqu'il renvoie directement aux courts-métrages à concept et à une économie de cinéma réduite et malaisée. Le spectateur a d'ailleurs malheureusement le temps de s'en rendre compte, voire de s'ennuyer, mais pourtant, le film semble, par instants, par fulgurance, se déployer et s'épanouir. Julien Courbey, omniprésent et intense, y est pour beaucoup. Ils ne rêvent plus, ils font du cinéma.

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