Critique : La Créature invisible

Nicolas Thys | 7 mars 2008
Nicolas Thys | 7 mars 2008

Sans être un chef d'œuvre The Sorcerers de Michael Reeves, cinéaste spécialisé dans le fantastique et décédé prématurément à 26 ans après seulement 3 films, n'en est pas moins une jolie réussite, une rareté à découvrir pour les amateurs de savants fous et d'horreur psychédélique. Réalisé en 1968, le film voit un couple âgé et aigri par la vie trouver le moyen de contrôler le corps d'un homme afin de vivre à travers lui.

Interprété par un Boris Karloff en professeur vieillissant et une Catherine Lacey exceptionnelle dans le registre de la cruauté pulsionnelle, The Sorcerers reprend à son compte le thème ancestral du désir de jeunesse éternelle mais se dégage des traitements déjà connus. Loin de jouer sur la simple apparence physique, lieu commun du cinéma, le rajeunissement s'effectue à travers un intermédiaire. Le personnage est modelé par une machine et sa métamorphose mentale donne lieu à une séquence magnifique où le visage de l'homme choisi par hasard tend à s'abstraire dans un déluge de sons et de lumières très marqués par l'atmosphère hippie et colorée de la fin des sixties.

Difficile de ne pas penser à la machine d'Orange mécanique, tourné à la même période, même si le manque de moyens tant dans la narration que dans la technique ne permet pas un traitement aussi efficace. Néanmoins l'invention démoniaque, qui devait normalement servir les gens démunis et handicapés, conduit à l'effet inverse du film de Kubrick : l'humain devient violent et la machine appelle au retour de pulsions naturelles refoulées, entravées par la société qui se libèrent à travers le corps d‘autrui. Hobbes n'est pas loin.

Rappelons aussi que l'époque, marquée par des développements technologiques majeurs, est également celle du déferlement des drogues de synthèse et de la peur d‘un futur où tout deviendrait incontrôlable. Ici l'individu n'a plus conscience de ce qu'il fait, manipulé par plus fort que lui et victime de trous de mémoire dramatiques. Il n'a plus de pouvoir sur son corps de pantin et va donc se mettre à tuer, brutaliser, et devenir violent.

Toutefois la courte durée du film l'empêche de déployer une dose de suspense soutenu et les quelques plans de contrôle mental par les deux personnes âgées ont tendance à couper trop brutalement le déroulement de l'action.

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