Critique : Sans plus attendre

Thomas Messias | 22 février 2008
Thomas Messias | 22 février 2008

Après avoir essayé, dans Princess bride, de montrer que la vie n'est pas loin d'être un conte de fées, Rob Reiner semble désormais prêt à affronter la réalité. C'est peut-être en devenant récemment sexagénaire que le réalisateur a accompli ce terrible retour à la réalité, prenant conscience qu'il avait allègrement dépassé le milieu de sa vie. À partir de ce constat des plus inconfortables, Sans plus attendre tente un temps de faire rire le spectateur, de dédramatiser un thème tabou parce qu'effrayant : la mort, évènement incontournable et imminent.

 

Écrit par un jeunot, le scénario montre deux papys condamnés qui tentent en quelques jours de réaliser tout ce qu'ils n'avaient pas pris le temps de faire au cours d'une vie bien trop courte. Le film est hélas plombé par un manque total d'imagination : on n'en verra guère plus que dans la bande-annonce. Un saut en chute libre, une course automobile, quelques voyages éclairs dans des lieux essentiels mais stéréotypés (les pyramides égyptiennes ou encore le sud de la France, forcément illustré par les chansons de Piaf)… et puis c'est tout. Dommage d'avoir autant de moyens (jet privé et tutti quanti) et si peu d'ambition.

 

Rob Reiner semble tout miser sur son duo d'interprètes forcément très attachants : chacun a son lot de répliques amusantes, mais ce buddy-movie grabataire ne bascule jamais dans la franche hilarité. Sans plus attendre nous assène le coup de grâce dans une dernière demi-heure terriblement aguicheuse, où les héros plongent tête la première dans les bons sentiments qu'ils réprouvaient jusque là. Terriblement tire-larmes, la fin peut en effet en faire pleurer plus d'un, moins pour sa qualité propre que pour sa propension à raviver en chacun de nous des souvenirs personnels et forcément douloureux.

 

On sort parfaitement plombé de cette prétendue comédie dont l'objectif était de nous exhorter à profiter de chaque seconde mais qui nous pousserait plutôt à aller nous planquer en attendant la mort.

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(4.5)

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