Critique : Forbidden zone

Jean-Noël Nicolau | 8 février 2008
Jean-Noël Nicolau | 8 février 2008

Forbidden zone incarne l’objet cinématographique non identifié dans toute sa splendeur. Exploité une poignée de semaines en France lors de sa sortie en 1980, il était devenu depuis lors quasi introuvable. On emploie rarement le terme de « culte » à bon escient, et il s’applique avec une justesse rare pour qualifier le premier film de Richard Elfman. Connue d’un très petit nombre de fanatiques, l’œuvre survivait essentiellement grâce à la réputation du compositeur Danny Elfman, frère du réalisateur et starifié par sa prolifique collaboration avec Tim Burton. En creusant dans la discographie du créateur des partitions d’Edward et de M. Jack, l’amateur éclairé pouvait remonter à son début de carrière au sein du groupe Oingo Boingo. En remontant encore plus loin, on aboutissait sûrement à la BO de Forbidden zone, qui assure une grande part de charme au film du même nom.

Car Forbidden zone est une comédie surréaliste et musicale. Avec un budget dérisoire, dans un noir et blanc fort pratique, Richard Elfman filme n’importe quoi. Mais vraiment n’importe quoi. En un vague hommage aux Marx Brothers, aux Monty Python mais aussi à tout le cinéma d’exploitation des années 70 (blaxploitation, nudies, films gores, etc…). L’histoire ne raconte rien, ou du moins pas grand-chose, mais survit à la force d’une accumulation délirante de gags et d’images folles sur à peine 70 minutes.

Mené à un rythme de dessin animé, Forbidden zone est transcendé à la fois par la BO de Danny Elfman (et des Mystic Knights of Oingo Boingo) et par l’implication burlesque de ses interprètes. Hervé Villechaize (le nain de l’Ile fantastique), Susan Tyrell (gigantesque), Marie-Pascale Elfman (femme du réalisateur, à l’accent français à couper au couteau) ou bien encore la craquante Gisele Lindley (qui passe tout le métrage topless) assurent un spectacle incroyable.

Forbidden zone pourra épuiser bien des spectateurs cartésiens. La déferlante ne fait pas toujours mouche, allant de la poésie pure au graveleux consternant. Mais pour peu que l’on soit réceptif aux films définitivement « autres », vraiment originaux et débordants d’une énergie enthousiasmante, Forbidden zone est ni plus ni moins qu’une perle.

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