Critique : Le Seigneur de la guerre

Par Nicolas Thys
17 décembre 2007
MAJ : 25 février 2020
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Le Seigneur de la guerre est un film doté d'une esthétique résolument tape-à-l'œil mais qui n'en pâti aucunement. Au contraire, ces effets clinquants accentuent dès le départ la distance immense qui sépare deux civilisations et deux amoureux tragiques qui vont devoir défier leurs croyances, un seigneur aux mœurs catholiques et une paysanne aux coutumes païennes qui n'ont en commun que leur appartenance au genre humain, l'un et l'autre aussi peu disert sur leurs sentiments que prompt à les exprimer physiquement.

La lumière splendide de Russel Metty au rendu de velours et à l'irréelle beauté ainsi que l'effet de transparence particulièrement flagrante lors de la discussion d'ouverture entre les chevaliers les détache déjà du domaine qu'ils veulent s'approprier par la force, aussi bien physique que psychologique, ne connaissant aucun autre moyen d'entrer en contact avec des individus semblables et pourtant si différents. Les couleurs utilisées, variant des caricatures romantiques aux contrastes aigus de la froideur bleutée à la chaleur orangée, ne rendront que plus violente l'expression des émotions des protagonistes tiraillés entre passion et retenue, servitude et désir d'expansion, culture et nature.

Bien loin du simple film d'aventures prévu à l'origine, Le Seigneur de la guerre se révèle une œuvre magnifique sur un individu dépassé par un amour prohibé qui finira par exploser dans toutes les directions pour finalement aboutir à un carnage, la guerre n'étant qu'une métaphore ultime d'une haine dévastatrice. Charlton Heston est impressionnant et la mise en scène de Shaffner particulièrement intelligente.

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