2001, l'Odyssée de l'espace : Critique

Jean-Noël Nicolau | 12 décembre 2007
Jean-Noël Nicolau | 12 décembre 2007

Le devenir de l’humanité. Avec Nietzsche et Hegel en ligne de mire. On ne peut pas prétendre que le 2001 de Kubrick soit une œuvre humble et discrète. Bien au contraire, il s’agit du sommet de la science-fiction cinématographique. Débordé par l’ambition, le film se permet tout, jusqu’à l’abstraction. Un écran noir comme éternel retour, des litanies de musique concrète comme guides, il faut ressentir avant d’essayer de comprendre. Ensuite, chacun interprète, avec ses références, sa grille de lecture et le sens qu’il souhaite donner à l’existence. On peut donc trouver autant de visions de 2001, l'Odyssée de l''espace qu’il y a de spectateur. Il faudra donc avoir bien peu d’estime de soi pour demander : « Mais qu’est-ce que tout cela signifie ? ». L’œuvre donne toute liberté à l’esprit.

 

 

Les sublimes instants de vide sont d’angoissantes évocations de la solitude absolue de l’espace, mais aussi des moments où le spectateur se retrouve seul avec lui-même, face au film et à ses trous noirs. La raison voudrait encadrer la démarche de Kubrick, dans des barrières techniques et des termes critiques faciles à maîtriser. Mais nous sommes vite dépassés par la richesse des possibilités. Peu importe la propre interprétation du réalisateur, comme Hal et comme Bowman, la créature échappe à son créateur. Dieu ? La Nature ? Les extra-terrestres ? La puissance de la pensée ? Le metteur en scène ? Le spectateur ? Ils sont tous à égalité, engloutis par le monolithe.

 

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(3.9)

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