Critique : Tout ce que le ciel permet

Nicolas Thys | 5 novembre 2007
Nicolas Thys | 5 novembre 2007

Sirk inspira une multitude de cinéastes directement ou indirectement et parmi les films les plus marquants All that Heaven allows figure en bonne place. Remaké par Fassbinder dans Tous les autres s'appellent Ali, l'aspect social évoluant avec celui de l'Allemagne des années 70, partiellement repris par Todd Haynes dans Far from Heaven - le titre VO permettant de retrouver le « Heaven » du film d'origine - et souligné dans 8 femmes de François Ozon, le film de Sirk semble être l'un des modèles idéals pour parvenir à une juste description d'une société type à une époque donnée.

Aucune action démesurée comme dans Le Secret magnifique, simplement une histoire d'amour non-conventionnelle et donc presque impossible, ce qui la rend plus belle encore, une œuvre sur le retour à la nature, inspirée par le Walden de Thoreau lu par Hudson, et donc sur le difficile combat de l'accession à une liberté qui se situerait hors des regards médisants de quelques individus formatés par des préjugés grotesques, ici un nombre d'années.

Comme si l'âge devait empêcher d'aimer et d'être aimé librement ! Le film est une magnifique démonstration par l'absurde du ridicule de la situation : la mère retenue par une progéniture qui s'éloigne et qu'elle ne voit jamais. Sirk réalise ici un film en orange et bleu, duo coloré qui revient à chaque plan et épouse parfaitement un paysage automnal séduisant ainsi que les sensations intérieures de personnages qui ont parfois du mal à se révéler et à se laisser aller pleinement, à briser un carcan qui les possèdent et les oppriment.

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