Critique : Le Mystère de la chambre close / Meurtre au chenil

Francis Moury | 9 octobre 2007
Francis Moury | 9 octobre 2007
The Kennel Murder Case de Michael Curtiz est contemporain de son classique du cinéma fantastique Mystery of Wax Museum [Masques de cire] : année prolifique puisque Curtiz ne tourna pas moins de 8 films en 1933 !

Il s’agit d’une aventure du détective privé Philo Vance : personnage incolore et sans intérêt, émule américain de Sherlock Holmes amputé de son cher Watson mais personnage cependant vivant et bien interprété par William Powell, interprète de la célèbre série des Thin man ; l’intrigue est un assez brillant « who done it ? » - typique de ce genre désuet mais qui connut un grand succès - ici menée à un train sinon d’enfer du moins assez rapide pour que l’intérêt ne retombe pas avant la fin. Les personnages sont des silhouettes assez vigoureusement brossées pour exister et quelques éléments comiques ou violents permettent parfois au film d’atteindre, sinon au cinéma fantastique, du moins à un relatif surréalisme. Etant donné que Curtiz est l’un des meilleurs cinéastes américains, l’un des plus instinctifs et des plus raffinés à la fois, et que le genre du « who done it ? » fut historiquement important, on peut considérer qu’une très intéressante lacune est comblée tant du point de vue du cinéaste que du genre « film noir américain ». Ce qui ne nous empêche pas de souhaiter de nos vœux la réédition de bien d’autres films signés Curtiz, qu’il s’agisse de sa période muette européenne ou de sa période américaine, si riche et variée. À quand par exemple une édition vidéo dans le même genre « film noir américain » de son si beau The Breaking point (U.S.A. 1950)  ?

NB : à noter que le générique Warner présente quelques plans des acteurs non seulement principaux mais secondaires avec la mention du rôle tenu, ce qui est très précieux pour l’histoire du cinéma : cela permet une identification immédiate et sans possibilité d’erreur de l’acteur, au moins durant la période de cinq voire dix ans (sauf cas extraordinaire de déformation du visage, de défiguration, de grossissement accéléré ou autres pathologies esthétiques) à laquelle le film appartient. Ce type de générique - ici d'ouverture mais qui pouvait être final à l'occasion - est assez rapidement tombé en désuétude même si on pouvait encore en voir, de temps en temps, et jusque dans les années 1960. C’est pourtant le modèle de ce qu’il faut faire, notamment dans le cas des acteurs secondaires, ici souvent pittoresques, primesautiers, et tous fondamentalement bons : ni Hollywood ni le cinéma mondial ne serait ce qu’il est sans eux. Et de tels génériques sont le seul moyen de leur rendre justice devant l’histoire du cinéma, hélas confrontée à un problème de disparition des images dont le rythme semble plus rapide que celui des restaurations numériques qui tentent de le pallier.

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