Les Promesses de l'ombre : critique

Jean-Noël Nicolau | 5 octobre 2007 - MAJ : 29/03/2020 15:48
Jean-Noël Nicolau | 5 octobre 2007 - MAJ : 29/03/2020 15:48

Depuis longtemps déjà, et certainement depuis son History of violence, David Cronenberg est devenu une franchise du cinéma d’auteur dont chaque nouvelle œuvre apporte son lot de qualités constantes et de gimmicks familiers. Avec les Promesses de l’ombre, le canadien s’essaie à la chronique mafieuse, avec le minimalisme et le sens du grotesque qui le caractérisent. En résulte un thriller extrêmement tendu (au moins autant que History of violence), traversé de fulgurances glauques et de comique à froid.

 

photo, Viggo Mortensen

 

Car ses Promesses sont structurées autour du sens de l’humour très particulier du monsieur. Avec pour meilleur exemple le personnage de Viggo Mortensen, caricature de la « gueule de tueur russe », dont on ne sait jamais s’il faut en rire ou s’en effrayer. En ne s’aventurant que rarement sur les terres du premier degré, Cronenberg désamorce le ridicule potentiel de son sujet et de ses personnages. Il triomphe ainsi du cabotinage frénétique de Vincent Cassell, parfait ici en bouffon slave gesticulant. Le décalage est encore plus flagrant lorsque les acteurs se retrouvent face à la belle Naomi Watts en pleine veine traumatique à la 21 Grammes.

C’est sur ce flou des intentions que le réalisateur nous cueille d’autant plus aisément. Le malaise est présent dans chaque coin des cadrages sublimes et la ténébreuse partition d’Howard Shore ne cesse d’annoncer une tragédie qui ne vient pas. L’auteur digresse et scrute longuement les yeux cruels de ce parrain improbable (génial Armin Mueller-Stahl).

 

photo, Viggo Mortensen, Naomi Watts

 

C’est dans sa dernière partie que les Promesses de l’ombre plonge sans retenu dans l’univers du créateur de la « nouvelle chair ». Viggo Mortensen se met à nu, se fait longuement tatouer, avant de s’investir de manière épidermique dans un combat à mains nues qui renvoie ceux de la Vengeance dans la peau au rang de gentils enfantillages. L’uppercut est d’autant plus fort que, comme toujours avec Cronenberg, on l’aura attendu sans vraiment le prévoir. L’histoire peut alors s’épancher dans un lyrisme noir, le réalisateur a une nouvelle fois réussit son délit : son film ne ressemble à aucun autre.

 

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