Critique : Quand l'embryon part braconner

Francis Moury | 4 octobre 2007
Francis Moury | 4 octobre 2007

« Je n'admets d'autre cinéaste que moi-même. » Koji Wakamatsu

Objet de scandale lors de sa présentation au Festival belge de Knokke-le-Zoute, Quand l'embryon part braconner est un des films les mythiques et les plus rares de Wakamatsu. Il fut célébré par la critique japonaise underground de l'époque qui y voyait un magistral théâtre de la cruauté. Tourné en cinq jours pendant lesquels l'équipe technique et les deux comédiens principaux demeurèrent cloîtrés en vase clos, mise à part la scène d'extérieur au début sous la pluie, Quand l'embryon part braconner (connu dans les pays anglo-saxons sous le simple titre de Embryo [Embryon]) est un absolu mélange de cinéma érotique et fantastique dont la tension est maintenue à son incandescence maximale tout du long.


Wakamatsu déclara à son sujet : « L'idée du film m'est venue un matin pluvieux de mai, vers cinq heures. J'ai ouvert la fenêtre - j'ouvre toujours mes fenêtres quand je me lève, sinon je me sens comme emprisonné - j'ai regardé fixement cette pluie qui tombait drue et je me suis mis à réfléchir. Et c'est à ce moment-là que j'ai eu l'idée de tourner dans la pièce où je me trouvais en utilisant deux comédiens, pas plus. Vers huit heures, j'ai appelé Masao Adachi en lui disant que je venais d'avoir une idée formidable. On s'est vu vers midi et je lui ai tout raconté en détails autour d'une boisson et d'une anguille. Bien que je ne fusse plus très sûr de l'histoire, il a trouvé l'idée intéressante et m'a remis un scénario le lendemain. C'était avant-gardiste, comme d'habitude, excessif et surtout incompréhensible. Il voulait aussi que les murs de l'appartement se fissurassent, ce qui était irréalisable même si l'idée était excellente. Une fois le scénario au point, j'ai fait une proposition qui a été acceptée par toute l'équipe : à l'exception de l'assistant chargé d'acheter les produits alimentaires, personne n'aurait le droit de quitter la pièce où allait se dérouler toute l'action du film. Le tournage a duré cinq à six jours en vase clos et c'est moi qui me suis chargé de faire la cuisine pour toute l'équipe. Ce n'est qu'ensuite qu'on a tourné la seule scène en extérieur du film, celle qui ouvre Quand l'embryon part braconner et qui se déroule sous la pluie.

 

Si j'ai réalisé Quand l'embryon part braconner, c'était en réaction à La Saison de la trahison de Atsushi Yamatoya. Yamatoya était mon assistant et j'avais énormément aimé son film dont j'étais d'ailleurs le producteur. Après l'avoir vu, je me suis dit que j'avais besoin de me prouver quelque chose à moi-même, même si le film que j'allais faire ne serait peut-être jamais distribué. »  

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