Critique : Le Traquenard

Francis Moury | 27 septembre 2007
Francis Moury | 27 septembre 2007

Le Traquenard (*) est un des quatre films noirs américains tournés en 1949 par Richard Fleischer. Il appartient au genre du documentaire policier : la fiction ne démarre qu’après quelques minutes de pur documentaire sur la fabrication des billets de banque, documentaire d’ailleurs lui-même très bien monté. On y sent définitivement poindre son talent de cinéaste même si le scénario de Felton et Zuckerman ne contient, en dépit de son art d’imbriquer les causes et les conséquences d’une manière objective en maintenant un suspense sans faille, au fond qu’une seule idée véritablement originale : tuer l’héroïne féminine d’une manière très brutale, presque gratuite.

Fleischer est ici un illustrateur modeste et attentif à tout ce qui peut augmenter la brutalité et le suspense. Et la Eagle Lion Films, Inc est capable de lui offrir, tout comme elle l’avait fait pour Anthony Mann à la même période, de bons acteurs et la belle actrice Barbara Payton en prime, au destin finalement tout aussi noir que celui de certains personnages qu’elle incarna d’une manière si vivante.

Inférieur à The Narrow Margin [L’Enigme du Chicago-Express] tourné pour la R.K.O. quelques années plus tard, adapté par le même Fenton d’un roman de M. Goldsmith et qui sera le premier grand succès de Fleischer, Le Traquenard est historiquement intéressant et rare. Une lacune filmographique fleischerienne de comblée est toujours une bonne nouvelle pour le cinéphile, par principe.

Mais à quand des éditions DVD « collector » françaises des grands films noirs postérieurs de Fleischer, disséminés sur une période allant justement de The Narrow Margin à The Don is Dead [Don Angelo est mort], tourné presque vingt ans plus tard ? 

 

(*) NB : le titre français d’exploitation de Trapped prend systématiquement un article dans toutes les sources filmographiques que nous avons consultées, y compris chez Borde et Chaumeton en 1955 qui indiquent sa firme de distribution française de 1949 : il faut donc rajouter mentalement cet article « Le » à la jaquette du DVD Bach film qui l’a oublié. Bourgoin lui-même nomme le film Le Traquenard et non pas Traquenard au début de sa présentation.

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