Critique : Le Chaos

Laurent Pécha | 7 septembre 2007
Laurent Pécha | 7 septembre 2007

Bien qu'octogénaire, Youssef Chahine ne semble pas avoir perdu l'espoir d'un monde meilleur. Il fait partie de ces cinéastes engagés qui continueront jusqu'à leur dernier souffle d'essayer de faire avancer les choses par l'intermédiaire de leur art. Le Chaos en apporte une nouvelle preuve.

Bien qu'imparfait et maladroit aux yeux d'occidentaux gangrenés par le cynisme, le film de Chahine a le mérite d'aller jusqu'au bout de sa démonstration. Pour adhérer à la guimauve rempli de bons sentiments du réalisateur, il faut donc passer un contrat tacite et laisser de côté cet esprit occidental qui nous fait sourire devant la mise en images d'actions et d'émotions au premier degré. En ce sens, Le Chaos se rapproche beaucoup, les chansons en moins, du cinéma Bollywood qui a commencé à pointer le bout de son nez chez nous depuis quelques années.

Sorte de conte de fées moderne avec la princesse pure, le jeune chevalier servant (un beau juge d'instruction vivant encore chez sa mère) et le vilain de service (un horrible chef de la police qui torture à tout va ses prisonniers quand il n'harcèle pas ou épie la femme de ses rêves), Le Chaos étale dans toute sa splendeur des séquences à la candeur déconcertante. Pourtant au lieu d'être moqueur, on se prête volontiers au jeu - du moins un temps, le film souffrant d'une durée excessive et d'un final too much dans son genre - et derrière l'histoire fleur bleue on décèle la noirceur d'une situation - réelle - dramatique.

D'où l'importance de l'œuvre : tel un Molière des temps modernes, Chahine use de la farce pour lancer un cri du cœur. Que le dénouement heureux ne laisse personne dupe, il y a encore de grands pas à faire pour que l'Egypte retrouve son lustre d'antan nous dit en filagramme le cinéaste. Message reçu ?

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