Shoot' Em Up : critique

Laurent Pécha | 28 août 2007 - MAJ : 20/07/2018 16:00
Laurent Pécha | 28 août 2007 - MAJ : 20/07/2018 16:00

Rares sont les films qui font l'unanimité. Shoot'em up n'en fait assurément pas partie. L'avantage, ici, c'est que le spectateur ne sera pas pris en traître sur la nature de l'œuvre : tout mais alors tout est dans le titre. Avec son nom de jeu vidéo pour amateurs de stands de tir virtuels, Shoot'em up propose ce que beaucoup ont tenté en vain avant lui : une heure et demie d'action non stop. A tel point que le pourtant très musclé et virevoltant cinéma asiatique (hongkongais ou coréen) semble avoir pris un coup de vieux face aux délires visuels et narratifs orchestrés par Mr Smith (les charismatiques Clive Owen et sa carotte) et sa Némésis, Mr. Hertz (inénarrable Paul Giamatti en bad guy terriblement attachant).

Si bon nombre de films actuels tentent la veine du toujours plus comme l'an dernier, le sympathique mais bien trop inégal Hyper tension, jamais jusqu'à Shoot'em up on était arrivé à une telle capacité à sans cesse renouveler l'action. Il faudrait presque remonter aux grandes heures testostéronées des années 80 (Commando, Piège de cristal,...) pour se remémorer un tel spectacle euphorisant. Pour se faire, Michael Davis (plus de 10 ans de services anonymes en tant que scénariste et réalisateur pour celui qui commença sa carrière en pondant le scénar de Double dragon !!!) a opté pour un pitch d'une rare linéarité et non pas simplicité : Smith récupère contre sa volonté un bébé que Hertz veut tuer, il doit donc le et se protéger du feu nourri de la très imposante bande de tueurs à gages lancée à ses trousses.

 

 

A quelques égarements près (le personnage pas totalement convaincant de la pute au grand cœur jouée par Monica Bellucci), on assiste à d'incessants échanges de coups de feu (voire de carotte, arme redoutable dans les mains de Mr Smith) où l'ingéniosité pour tuer de notre taciturne héros fait des merveilles. Tel un McGyver de la sulfateuse, Clive Owen nous dresse les mille et une façons de dessouder son prochain. Et à chaque fois que l'on pense avoir vu le nec plus ultra en la matière, le bonhomme et son virtuose réalisateur nous scotchent dans la minute suivante avec une nouvelle trouvaille encore plus délirante et désopilante (le non port de la ceinture comme arme ultime éclipsant l'art de combler sexuellement sa partenaire tout en pulvérisant une bonne demi douzaine de bad guys).

 

 

Multipliant les répliques mémorables car outrancières en totale osmose avec l'énormité du spectacle (« c'est nous qui ne savons pas tirer ou ce gars est vraiment fort » lance Giamatti après que Mr Smith ait laissé sur le carreau 50 de ses hommes sans avoir une seule égratignure), ne lésinant pas sur le gore mais toujours de manière fun, Shoot'em up est un divertissement totalement décérébré. Un film qui assume constamment son statut et qui tel un bolide rempli à raz bord de nitroglycérine, ne connaît pas le frein de l'excès ni de l'overdose. Touché en plein cœur, heureux comme un gamin, on en redemande. Tout simplement !

 

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