Critique : Intolerance : La Trilogie

Nicolas Thys | 7 août 2007
Nicolas Thys | 7 août 2007

Phil Mulloy est un cinéaste déjà bien connu des amateurs de cinéma d'animation ne se limitant pas à la japanim' et aux Disney, Pixar and co. Anglais, ses films sont souvent très cyniques et hilarants, faisant apparaître de-ci de-là cette « british touch » caractéristique des grandes heures des Monty Python (Terry Gilliam a lui aussi commencé comme animateur). Mulloy, qui travaille essentiellement via un ordinateur mais sans avoir recourt aux images de synthèse, avait précédemment réalisé dix courts-métrages sur les 10 commandements, véritables pieds-de-nez aux religions et aux intégrismes sur lesquels il revient dans sa trilogie Intolérance.

 

Réalisés entre 2000 et 2004, les trois épisodes de la série reflètent parfaitement l'univers de son auteur. Situant l'action du premier dans une époque proche et les deux suivants dans un futur plus ou moins lointain, il s'attaque au puritanisme exacerbé de certaines nations trop puissantes et finalement presque totalitaires (toute ressemblance serait purement fortuite...) avant un rebondissement final ingénieux. Le sexe est au cœur du problème comme souvent : des être humains cette fois reçoivent un film venu d'une civilisation extra-terrestre. Cette dernière est similaire à la notre à l'exception d'un détail : ils ont le sexe là où se trouve normalement le visage et réciproquement, ce qui choque les âmes sensibles en découvrant comment se déroule les embrassades, les repas ou les déjections...

 

Doté d'un graphisme simple mais ravageur où les personnages charbonneux et les décors réduits au strict minimum permettent, surtout dans le troisième épisode, de jouer sur les difformités et les travers d'êtres tous semblables, tous ridicules et tous intolérants, et d'une animation informatique au rendu artisanal qui correspond parfaitement à l'univers du réalisateur avec quelques accrocs rythmiques ponctuels et nécessaires renvoyant à la monstruosité de ces humains ridicules ; le troisième épisode pourtant pêche par excès de vouloir « faire mieux ». Aidé d'une équipe plus importante et techniquement au point, le rendu final est plus lisse, plus travaillé et cependant moins spontané et plus humain. Malgré tout l'ensemble est très bon et les situations cocasses plutôt originales (notamment un culte ayant pour Dieu un Elvis ressuscité chantant en allemand !).

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