Critique : Lookout (The)

Créé : 23 juin 2007 - François Provost
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Scénariste d’expérience, Scott Frank a fait montre de son talent à destination des grands de l’industrie avec les scripts de Hors d’atteinte, Minority Report et L’interprète. Pour sa première réalisation, il saute naturellement le pas avec l’un de ses scénarios, mettant en scène une histoire plus ambitieuse qu’il n’y paraît malgré l’apparente retenue émanant de son long-métrage. Plongé dans la description sans complaisance de Chris Pratt, jeune premier ayant tout perdu, le cinéaste explore et met en scène la douleur d’avoir perdu des êtres chers, la culpabilité qui en découle et le remord hantant chaque minute d’une vie. Avec ce rôle, Joseph Gordon-Levitt s’impose davantage encore en icône endommagé, reflet d’une adolescence désenchantée, et convainc les derniers sceptiques qui n’auraient pas vu Brick et Mysterious skin qu’il est un excellent acteur.

A la croisée des genres, The Lookout s’offre une virée dans un cadre rappelant conjointement Un plan simple de Sam Raimi et les plaines enneigées de Fargo pour évoquer, parmi d’autres thèmes, le casse d’une banque. Le script reprend à son compte quelques figures classiques correspondant à l’univers où est matérialisée l’histoire, à l’image du malfrat et de ses collègues taciturnes, l’ami de bon conseil, les parents absents.

Inscrit dans la veine inspirée du cinéma indépendant américain, le film dépeint son monde avec un regard sobre et se donne le luxe de laisser de nombreuses pistes de lecture quant au sort de certains de ses personnages, en ne s’efforçant pas de jouer au long-métrage omniscient, cadrant avec une trop grande régularité ses personnages. S’efforçant toujours de rester entre deux eaux sans négliger son sujet, Scott Frank réussit l’essai sans prétention, ce qui lui donne toute sa valeur.

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