Die Hard 4 : Retour en enfer - critique explosive

Laurent Pécha | 30 mars 2019 - MAJ : 01/04/2020 10:34
Laurent Pécha | 30 mars 2019 - MAJ : 01/04/2020 10:34

« Yippee-ki-yay ! ». C'était le grand retour de Bruce Willis alias John McLane après 12 ans d'absence, depuis Une journée en enfer en 1995. Maintes fois annoncées et repoussées, les nouvelles aventures du grand inspirateur du cinéma d'action moderne ont-elles été à la hauteur de ce qu'on a connu sous la houlette de John McTiernan et, à un degré (bien) moindre, de Renny Harlin (58 minutes pour vivre) ? Telle était la question face à Die Hard 4 : Retour en enfer de Len Wiseman.

UNDERDOG

Les craintes étaient plus que légitimes vu le choix du réalisateur aux commandes : Len Wiseman, révélé avec Underworld, amusante série B de vampire qui n'annonçait certainement pas qu'il allait partir dans la direction du pur blockbuster d'action. D'autant qu'en 2007, en pleine ère Jack Bauer de 24 heures chrono, et après des tonnes de copies plus ou moins conformes, John McClane est presque un vestige du passé. Le cinéma d'action a évolué, et ce héros des années 90, absent depuis des années, n'a peut-être plus rien à prouver, et donc à montrer.

McClane has been dépassé par le cinéma d'action du nouveau millénaire ? C'est justement la très bonne idée de ce quatrième opus : nous offrir un Bruce Willis old school confronté à des terroristes et des menaces high-tech. Le scénario signé Mark Bomback (qui continuera avec Wiseman sur Total Recall : Mémoires programmées, et participera aussi à la trilogie moderne La Planète des singes) sous-exploite sans surprise cette idée, sacrifiée sur l'autel de l'action, mais le point de départ reste réussi.

Les temps changent, les menaces également (ici, quelques intrusions informatiques dans les divers systèmes des USA et le pays est menacé de revenir à l'âge de pierre), mais McClane reste le même. A un détail près tout de même : il a une fille, Lucy, incarnée par Mary Elizabeth Winstead, qui tient un petit rôle irrésistible, en digne McClane. 

 

photo, Bruce WillisS'accrocher au succès d'hier

 

PAS TROP VIEUX POUR CES CONNERIES

Avec l'âge, il faut toutefois le ménager un peu, ce flic au grand cœur qui n'est jamais au bon endroit, au bon moment. Ces mésaventures avec la gent terroriste, toujours très spectaculaires et souvent incroyablement ridicules (le duel camion-avion atteint de sympathiques sommets de n'importe quoi), s'avèrent moins violentes pour son corps que par le passé.

Il faut dire que si les sbires du grand méchant sont toujours aussi coriaces, avec une mention spéciale à Maggie Q et son mano à mano ultra physique avec McClane. C'est sans nul doute l'une des meilleures scènes du film, même si la Némésis de notre héros reste un cran nettement plus en dessous que la fratrie Gruber (Alan Rickman et Jeremy Irons), la faute aussi à une écriture pas très appliquée sur ce personnage. A ce titre, c'est surtout Timothy Olyphant (qui peut aussi bien évoquer Scream que Deadwood) qui s'avère être l'un des vrais talons d'Achille de ce quatrième opus. L'acteur a beau être solide, ce rôle de bad guy n'est ni très original ni très mémorable.

Les autres faiblesses de ce Retour en enfer : une durée excessive mais à peine étonnante dans le blockbuster moderne (140 minutes), et une abusive linéarité lors des séquences d'action, qui ont tendance à se ressembler au niveau des enjeux et des ressorts narratifs - même si la générosité est bien là, puisque ça explose souvent de tous les côtés.

 

Photo Bruce Willis, Justin LongPère et presque fils

 

Enfin, on a beau le critiquer, il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien : Bruce Willis. L'acteur reprend le rôle comme s'il ne l'avait jamais quitté, ses bons mots font toujours mouche même s'il n'est désormais plus tout seul. L'excellent Justin Long, son sidekick attitré, ose même lui voler la vedette avec la meilleure vanne du lot, formant un duo bien plus efficace que prévu.

Bref, un retour dans la douleur mais convaincant pour McClane. Surtout comparé à Die Hard : Belle journée pour mourir en 2013, gros raté qui ferait passer ce Die Hard 4 pour un monument du cinéma d'action.

 

Affiche française

Résumé

Moins bien que les trois premiers Die Hard, bien mieux que Die Hard : Belle journée pour mourir sorti depuis : Die Hard 4 assure gentiment le spectacle, avec un Bruce Willis en forme, et quelques scènes réjouissantes.

commentaires

Rudy Mako
01/04/2020 à 03:54

une abusive linéarité lors des séquences d'action, qui ont tendance à se ressembler au niveau des enjeux et des ressorts narratifs - même si la générosité est bien là, puisque ça explose souvent de tous les côtés

Quelqu'un peut-il m'expliquer ce texte?

Daddy Rich
31/03/2020 à 19:22

Déjà une daube!
Mais le 5ème a terminé d'enterrer la saga pour de bon!
(en fait sauf le 1er, et le second... oui oui, je l'affirme! les reste, c'est pipo et molo font du ski!)

Flash
31/03/2020 à 13:31

@gégé le vrai, bien vu, ma mémoire m'a joué un tour.

Miami81
31/03/2020 à 12:47

Une petite déception que ce 4ème volet même s'il reste dans la lignée de la saga.
En tout cas, bien au dessus de l'horrible 5ème volet où il n'y a rien à récupérer, même pas le travail de Patrick Poivey, sa voix française dont j'ai pourtant toujours été fan.

gege le vrai
31/03/2020 à 11:47

@flash c'est un F-35

Oldskool
31/03/2020 à 11:28

Je pige pas pourquoi je suis le seul à trouver 58 minutes pour vivre comme la seule DIGNE suite de la Saga ? Tout le monde se "paluche" sur une Journée en enfer que je trouve d'une platitude sans nom du scénario sans suspense aucun jusqu'à sa réalisation, et défonce régulièrement 58 minutes, alors qu'il m'a littéralement scotché à mon fauteuil... Ou alors je suis peut-être trop vieux pour ces conneries va savoir... Yippee-kai à vous...

Marvelleux
31/03/2020 à 10:59

Vu au ciné en 2007.j'ai bien aimé. Dans la continuité des die hard. Comparé au 5ème opus, c'est bon film

Zanta
31/03/2020 à 09:54

Dire que Disney, nouveau propriétaire de la marque, représente à présent la seule chance qu'à la franchise d'être conclue décemment...
Si le studio pouvait juste rappeler Shane Black (déjà employé pour Iron Man 3), pour écrire et réaliser un Die Hard 6 en mode buddy movie, convoquant Willis et L. Jackson, ça sauverait les meubles.

Flash
31/03/2020 à 08:27

Je vous trouve bien généreux avec ce film EL. C'est quand même pas une franche réussite ce divertissement, et Mc Clane qui saute sur l'aile d'un F22, on est dans Fast and Furious question délire.

the riddler
31/03/2020 à 08:01

Je préfère le Mc Lane alcoolique, clopeur et foutiste.

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