Die Hard 4 : Retour en enfer - critique explosive

Laurent Pécha | 28 mars 2022
Laurent Pécha | 28 mars 2022

Die Hard 4 : Retour en enfer est ce soir à 21h05 sur W9.

« Yippee-ki-yay ! ». C'était le grand retour de Bruce Willis alias John McLane après 12 ans d'absence, depuis Une journée en enfer en 1995. Maintes fois annoncées et repoussées, les nouvelles aventures du grand inspirateur du cinéma d'action moderne ont-elles été à la hauteur de ce qu'on a connu sous la houlette de John McTiernan et, à un degré (bien) moindre, de Renny Harlin (58 minutes pour vivre) ? Telle était la question face à Die Hard 4 : Retour en enfer de Len Wiseman.

UNDERDOG

Les craintes étaient plus que légitimes vu le choix du réalisateur aux commandes : Len Wiseman, révélé avec Underworld, amusante série B de vampire qui n'annonçait certainement pas qu'il allait partir dans la direction du pur blockbuster d'action. D'autant qu'en 2007, en pleine ère Jack Bauer de 24 heures chrono, et après des tonnes de copies plus ou moins conformes, John McClane est presque un vestige du passé. Le cinéma d'action a évolué, et ce héros des années 90, absent depuis des lustres, n'a peut-être plus rien à prouver, et donc à montrer.

 

Die Hard 4 : Retour en enfer : photo, Bruce Willis, Justin LongComme au bon vieux temps

 

McClane has been dépassé par le cinéma d'action du nouveau millénaire ? C'est justement la très bonne idée de ce quatrième opus : nous offrir un Bruce Willis old school confronté à des terroristes et des menaces high-tech. Le scénario signé Mark Bomback (qui continuera avec Wiseman sur Total Recall : Mémoires programmées, et participera aussi à la trilogie moderne La Planète des singes) sous-exploite sans surprise cette idée, sacrifiée sur l'autel de l'action, mais le point de départ reste réussi.

Les temps changent, les menaces également (ici, quelques intrusions informatiques dans les divers systèmes des USA et le pays est menacé de revenir à l'âge de pierre), mais McClane reste le même. À un détail près tout de même : il a une fille, Lucy, incarnée par Mary Elizabeth Winstead, qui tient un petit rôle irrésistible, en digne McClane. 

 

photo, Bruce WillisS'accrocher au succès d'hier

 

PAS TROP VIEUX POUR CES CONNERIES

Avec l'âge, il faut toutefois le ménager un peu, ce flic au grand cœur qui n'est jamais au bon endroit, au bon moment. Ces mésaventures avec la gent terroriste, toujours très spectaculaires et souvent incroyablement ridicules (le duel camion-avion atteint de sympathiques sommets de n'importe quoi), s'avèrent moins violentes pour son corps que par le passé.

 

Die Hard 4 : Retour en enfer : Photo Bruce WillisYippee-ki-yay

 

Il faut dire que si les sbires du grand méchant sont toujours aussi coriaces, avec une mention spéciale à Maggie Q et son mano à mano ultra physique avec McClane. C'est sans nul doute l'une des meilleures scènes du film, même si la Némésis de notre héros reste un cran nettement plus en dessous que la fratrie Gruber (Alan Rickman et Jeremy Irons), la faute aussi à une écriture pas très appliquée sur ce personnage. À ce titre, c'est surtout Timothy Olyphant (qui peut aussi bien évoquer Scream que Deadwood) qui s'avère être l'un des vrais talons d'Achille de ce quatrième opus. L'acteur a beau être solide, ce rôle de bad guy n'est ni très original ni très mémorable.

Les autres faiblesses de ce Retour en enfer : une durée excessive mais à peine étonnante dans le blockbuster moderne (140 minutes), et une abusive linéarité lors des séquences d'action, qui ont tendance à se ressembler au niveau des enjeux et des ressorts narratifs - même si la générosité est bien là, puisque ça explose souvent de tous les côtés.

 

Photo Bruce Willis, Justin LongPère et presque fils

 

Enfin, on a beau le critiquer, il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien : Bruce Willis. L'acteur reprend le rôle comme s'il ne l'avait jamais quitté, ses bons mots font toujours mouche même s'il n'est désormais plus tout seul. L'excellent Justin Long, son sidekick attitré, ose même lui voler la vedette avec la meilleure vanne du lot, formant un duo bien plus efficace que prévu.

Bref, un retour dans la douleur mais convaincant pour McClane. Surtout comparé à Die Hard : Belle journée pour mourir en 2013, gros raté qui ferait passer ce Die Hard 4 pour un monument du cinéma d'action.

 

Affiche française

Résumé

Moins bien que les trois premiers Die Hard, bien mieux que Die Hard : Belle journée pour mourir sorti depuis : Die Hard 4 assure gentiment le spectacle, avec un Bruce Willis en forme, et quelques scènes réjouissantes.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(2.7)

Votre note ?

commentaires
John Maclane
29/03/2022 à 21:30

Super d'accord avec la critique EL. Mon préféré reste le 3, n'en déplaise au pseudos puristes le 1 ensuite, puis le 2 et le 4 à peu près pareil. Bisous

The Moon
29/03/2022 à 19:16

Que dire sur Die Hard....
Jai du voir le premier 50 ou 60 fois étant gosse. LE MEILLEUR
58 minutes pour vivre est également pas mal, (il est sorti en 1990 quand même)
Une journée en enfer, vu en salle a l'aube de mes 13 ans...une vrai suite à Piège de crystal...un excellent film d'action/buddy
Die hard 4.0, vu au ciné en 2007, bon film, bien sympa mais c'est pas un Die Hard...
Les autres films, je m'en souviens à peine...des bads guys de moins en moins charismatique...des scénarios pas top (on sent que Joel Silver n'est plus rattaché à cette saga).
Bref, la trilogie originale se suffisait à elle même et merci aussi a Renny Harlin d'y avoir contribué...

dur à cuir
29/03/2022 à 19:01

l'ere numerique avec des EMP, des usa ou Russie, on va voir comment çà se passe, les old school survivront comme Mc Lane mais avec beaucoup de casse

Oliviou
29/03/2022 à 07:58

La thématique du héros analogique dans un monde numérique est aussi déclinée dans son affrontement avec Maggie Q. À l'époque de la sortie du film, 100% des bastons à Hollywood étaient chorégraphiées par des spécialistes des arts martiaux (mode lancée par Matrix). Les combats étaient ultra-clean, ultra techniques, ultra acrobatiques... Et John Mclane, lui, est resté le bourrin à l'ancienne, sale et suant, qui se contente de prendre des coups, de cogner fort, de tomber, de se relever, de cogner encore plus fort... La réplique "Enough with this kung-fu shit" est assez mythique de ce point de vue !

Neji .
29/03/2022 à 01:25

Le début de la chute et à l'atterrissage il s'est crashé dans un océan de merde.
Willis fait du Bruce Et mc Klein fait encore du pognon à l'époque.
J'avais déjà trouvé cette suite effroyable mais rien m'avait préparé à ce qu'il allait suivre, une suite encore plus affligeante et que notre Willis serait le tâcheron du DTV du pauvre.
Et comme disait Georges abitbol monde de merde..

Numberz
28/03/2022 à 21:26

"Enfin, on a beau le critiquer, il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien : Bruce Willis. L'acteur reprend le rôle comme s'il ne l'avait jamais quitté, ses bons mots font toujours mouche"

C'était quand même autre chose avant ces DTV

Rudy Mako
01/04/2020 à 03:54

une abusive linéarité lors des séquences d'action, qui ont tendance à se ressembler au niveau des enjeux et des ressorts narratifs - même si la générosité est bien là, puisque ça explose souvent de tous les côtés

Quelqu'un peut-il m'expliquer ce texte?

Daddy Rich
31/03/2020 à 19:22

Déjà une daube!
Mais le 5ème a terminé d'enterrer la saga pour de bon!
(en fait sauf le 1er, et le second... oui oui, je l'affirme! les reste, c'est pipo et molo font du ski!)

Flash
31/03/2020 à 13:31

@gégé le vrai, bien vu, ma mémoire m'a joué un tour.

Miami81
31/03/2020 à 12:47

Une petite déception que ce 4ème volet même s'il reste dans la lignée de la saga.
En tout cas, bien au dessus de l'horrible 5ème volet où il n'y a rien à récupérer, même pas le travail de Patrick Poivey, sa voix française dont j'ai pourtant toujours été fan.

Plus
votre commentaire