Critique : The Zodiac

Francis Moury | 12 juin 2007
Francis Moury | 12 juin 2007

Sorti tardivement et d’une manière assez limitée en mars 2006 aux U.S.A. dans les salles de cinéma, puis en août 2006 en DVD NTSC, The Zodiac d’Alexander Bulkley est copyrighté 2003 au générique. Pourquoi ces trois ans d’attente, et même quatre dans le cas du spectateur français ? Incompréhensible.

 

D’autant que ce film, aux confins du film noir et du film d’épouvante, mais aussi du documentaire historique réaliste, est bon et même très bon, en dépit de son apparente modestie et d’un budget qui n’est pas multimillionnaire. Alexander Bulkley dépeint très finement la panique collective qui imprègne les individus et les lieux : il la dépeint en prenant son temps, attaché à tourner sur les lieux mêmes de l’action, à restituer autant que faire se peut ce que fut l’univers historique, social, mental et moral du tueur et de ses victimes. Il fait donc revivre la période 1968-1969 – détail de la lampe Maglite mis à part, qui n’est pas si grave – très attentivement et son histoire rebondit jusqu’en 1978 et au-delà. Jusqu’à quand et jusqu’où ? Il y a une idée perverse de l’infini et une angoisse de l’indétermination qui sont bien tangibles tout au long du film. Il s’en nourrit habilement. Le scénario a l’intelligence d’introduire le danger au cœur même de la famille de l’inspecteur d’une manière « objective » qui demeure très impressionnante.

 

The Zodiac, inspiré de faits réels (tel est l’exact intitulé du titre) retrouve donc le secret des classiques du cinéma fantastique qui furent consacrés au crime psychopathologique. Tout comme dans les films de Robert S. Baker et Monty N. Berman, et de James Hill, consacrés à Jack l’Eventreur ou même tout comme dans le Frenzy d’Hitchcock, la balance est strictement maintenue entre le tueur et l’univers qui l’entoure ou le secrète. Il finit par sembler en émaner. 

 

Excellente interprétation générale et bonne direction d’acteurs, photographie souvent sophistiquée et mise en scène volontairement épurée, entièrement au service de sa narration, refusant l’effet gratuit la plupart du temps bien qu’elle soit capable d’une belle virtuosité. L’usage des documents historiques visuels comme sonores est intégré au récit d’une manière dramatique souvent impressionnante.

 

L’histoire du tueur Zodiac est célèbre aux U.S.A., beaucoup moins chez nous : elle a donné lieu à plusieurs films (celui de David Fincher vient d’être présenté à Cannes) depuis les années 1970 et certains aspects du scénario de L’Inspecteur Harry en sont inspirés eux aussi. Vous découvrirez aisément lesquels en visionnant The Zodiac. Bref : à découvrir d’urgence.

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