Critique : Sicko

Sandy Gillet | 19 mai 2007
Sandy Gillet | 19 mai 2007

Le documentaire selon Michael Moore reste un mystère même après avoir vu Sicko, son nouveau pamphlet qui emplâtre avec pas mal de maestria (trop ?) le système de santé aux Etats-Unis. A-t-on affaire à une enquête/étude impartiale ? (Mais est-ce vraiment possible ? Voir la polémique façon Cauchemar de Darwin). Est-on en face d'une fiction basée sur la réalité ? (Tout le segment se déroulant à Paris le laisse à penser là où les crèches sont nombreuses et gratuites, où l'on peut bénéficier grâce à la sécurité sociale d'une aide à domicile quand on vient d'accoucher... Certes mais pas quand on gagne bien sa vie Monsieur Moore... et 8 000 euros par mois pour un couple à Paris ne vous situe pas dans la classe moyenne telle que communément admise aux Etats-unis). Est-ce une captation de la réalité vue par le prisme Michael Moore ?

En fait Sicko est bien tout cela à la fois ce qui en fait un film attachant et réussi pour le côté naïf et humaniste du projet mais une nouvelle fois fortement discutable quant à ses méthodes et sa volonté d'arriver coûte que coûte à ses fins. Il y a trois parties dans Sicko : la première commence par exposer quelques situations forcément horribles et tragiques de personnes ayant tout perdu ou ne pouvant pas/plus se payer des soins du fait d'un système de santé public défaillant ou inexistant et phagocyté par des compagnies privées dont le seul but est de faire des bénéfices. La seconde explore la situation au Canada, en Angleterre et en France pour se rendre compte qu'inévitablement l'herbe est plus verte ailleurs. La troisième est celle qui fera forcément polémique aux Etats-Unis. On y voit Michael Moore partir en bateau pour Cuba accompagné de ses « malades » afin de les emmener sur la base américaine de Guantanamo où les « terroristes » qui y sont emprisonnés semblent bénéficier d'un environnement médical gratuit de premier ordre.

Si l'entreprise est vouée à l'échec, elle permettra tout de même de « découvrir » qu'à Cuba les soins sont gratuits et que l'île dispose d'un matériel et de compétences hors normes en complet décalage avec l'idée que l'on pouvait s'en faire (économie exsangue, population souffrant des rations alimentaires...). De quoi en effet en rester coi ! C'est un véritable coup d'éclat que nous propose ici Moore cela même si l'on peut se demander à juste titre si le régime castriste n'a pas fortement contribué à donner une si belle image de son pays. Il reste que la démonstration aussi empreinte de raccourcies faciles soit elle fait mouche à plus d'un titre. N'est-ce pas là finalement la définition du documentaire moderne/militant de Moore ? Soit une captation forcément restrictive et de mauvaise foi de la réalité à l'instar du système que l'on veut dénoncer...

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