No Country For Old Men - critique

Finnegans Wake | 20 janvier 2008 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Finnegans Wake | 20 janvier 2008 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Le nouveau film des Frères Coen était présenté au dernier Festival de Cannes. No Country For Old Men a séduit la critique américaine et arrive enfin en salles.

Un homme (Josh Brolin) erre dans la nature. Il croit y trouver un nouvel espoir (un sac plein de dollars). Mais l'avenir humain ne connaît qu'une seule fin. La Mort (Javier Bardem) rôde et colporte son aura d'injustice et de chaos. Un chœur antique (Tommy Lee Jones) scande la tragédie avec ironie.  Chez Cormack McCarthy, l'un des plus grands écrivains américains, il n'y a pas de fuite possible. Il n'y a que le cheminement précis et barbare du Destin. Un canevas idéal pour les frères Coen, qui trouvent ici le plein accomplissement de leur art.

Sans rien édulcorer de la violence et de l'étrangeté du roman, les réalisateurs cisaillent leur suspens avec un sens du cadre qui touche en permanence au sublime. No country for old men n'est pas composé de scènes mémorables, c'est autour de plans inoubliables qu'il se joue. Métaphore biblique ? Non, l'histoire se révèle encore plus séminale, écrasée par la silhouette grotesque et terrifiante du tueur Chigurh. Dans le rôle, Javier Bardem réinvente le concept de « Terminator », avec d'improbables armes qui renouvellent la configuration des gunfights.

 

photo, Josh Brolin

 

No country for old men n'est pas seulement un dispositif théorique, c'est avant tout le plus original des survivals de baroudeurs. Brolin et Bardem sont prêts à tout pour parvenir à leur fin (vivre pour l'un, tuer pour l'autre). Et leur inventivité contribue à l'aspect passionnant de l'œuvre.

Film d'ambiance au sein duquel chaque geste et chaque parole comptent comme s'ils étaient les derniers (ce qui est souvent le cas), No country for old men décuple sa force dans sa dernière partie. Se riant des conventions dramatiques, les Coen prennent à contre-pied les attentes du spectateur. Ils se révèlent plus intéressés par la portée symbolique des événements que par leur simple expression cinématographique.

 

photo, Javier Bardem

 

Les deux frères proposent de la temporalité, du hors-champ et de l'abstraction en opposition au démonstratif et à l'explicatif. Jusqu'à une conclusion bouleversante où le désarroi humain résonne dans les mots de Tommy Lee Jones. Le sens du conte, et de l'existence en général, est voué à nous échapper ; tel un rêve confondant passé, présent et avenir. A peine le temps de l'effleurer, à peine une chance de le saisir, qu'il est déjà trop tard.

 

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