Critique : L'Audience

Nicolas Thys | 7 mai 2007
Nicolas Thys | 7 mai 2007

L'audience, réalisé par Marco Ferreri en 1971, est l'un de ses films les plus étranges mais aussi l'un des plus inégaux quant à sa mise en scène. A travers un récit kafkaïen, le mot est d'ailleurs prononcé à plusieurs reprises, le héros, dont on ne sait rien excepté qu'il est un officier en congés, désire rencontrer le pape pour une audience très personnelle mais tous les éléments s'y opposent et l'en empêchent.

 

Le film semble être en de nombreux points une réponse au Procès d'Orson Welles tourné 10 ans auparavant. L'espace, sans être aussi labyrinthique que chez Welles, est constamment morcelé, elliptique tout comme le temps qui passe et qui tend à déstabiliser le spectateur au maximum ; et surtout la parabole de la porte de la loi, prononcée dans Le Procès par un ecclésiastique, éclaire la sublime fin du film de Ferreri.

 

L'esprit de Beckett pèse également sur le film tant par son côté absurde et humoristique qu'à propos de sa réflexion ultra pessimiste sur la condition humaine et sur son avenir : tout est voué à un recommencement perpétuel. La critique de la religion entreprise par Ferreri est ici cruelle mais efficace : alors qu'elle est censée ouvrir ses portes au monde, elle n'aura de cesse de les refermer et Dieu se fait remarquer par son absence : tout est laissé au péché, et un étrange diable de plusieurs mètres trône même au dessus d'un moine à l'allure sinistre et austère.

 

Ferreri nous entraine dans un conte cruel où les figures majeures du cinéma français et italiens de l'époque se croisent de Claudia Cardinale à Michel Piccoli en passant par Alain Cuny, Ugo Tognazzi ou Vittorio Gassman autour d'un acteur inconnu et d'autant plus perdu.

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