Films

The Game : critique qui joue

Par Thomas Messias
3 février 2018
MAJ : 29 mai 2024
9 commentaires

La vie est un jeu qui finit forcément mal. C’est le message ô combien optimiste de The Game, thriller tordu et baroque qui fait jaillir l’adrénaline aux quatre coins de l’écran.

Photo Michael Douglas

LA REGLE DU JEU

Le doute est le pilier du film : jeu ou pas jeu ? Quand Nicholas Van Orton (Michael Douglas, habité) se voit offrir sans plus de précisions un jeu grandeur nature par son farceur de frangin, il imagine une simple blague, une promenade de santé, ou au pire une micro-aventure d’un soir. Mais voilà : le temps passe, les tuiles se multiplient, le danger va croissant, et Van Orton ne rit plus, lui qui n’a jamais vraiment été le roi des fanfarons. Dès lors, outre la paranoïa ambiante, c’est le doute qui prédomine. Mais l’important, avant de connaître le fin mot de l’histoire, c’est de sauver sa peau…

 

Photo Michael DouglasMichael Douglas

 

DAVID FINCHER, VRAI PREMIER FILM ?

Maîtrise implacable de la mise en scène, froideur du récit : David Fincher joue à fond la carte de la neutralité pour ne jamais influencer l’opinion du spectateur-joueur. Comme dans l’eXistenZ de David Cronenberg (en moins visqueux), il nous balade d’épreuve en épreuve, de coup de stress en coup de sang, sans nous laisser le moindre indice. C’est sans doute là que se situe la limite du concept : un enjeu un peu trop binaire, tellement fermé qu’on peut légitimement s’en tamponner le coquillard.

Pas trop longtemps quand même, car la dernière demi-heure a tout pour mettre tout le monde d’accord : passé le point de non-retour, la vérité importe peu, et chaque scène est une étape supplémentaire pour nous mener au délicieux bouquet final. Pas assez âpre pour certains, parfaitement troussée pour d’autres, la conclusion du film est suffisamment forte pour satisfaire le plus grand nombre. Reste une légère frustration : sous la plume d’un auteur aussi vicieux que David Mamet, le grand spécialiste de la manipulation, The Game aurait sans doute été beaucoup plus qu’un divertissement de qualité.

 

Rédacteurs :
Résumé

Mais qu'importe si le jeu de la vie est réel ou fabriqué de toutes pièces : avec une candeur plutôt bienvenue, The game conclut sur le fait que l'important est simplement de jouer à fond.

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the game

il fait un peu peur
je n’aime pas trop le clown il fait un peu peur
mais sinon il est bien fait

T-Rex

C’est vrai que scénaristiquement, c’est une grosse facilité cette fin. Le mec saute 5 mètres à droite ou à gauche et il meurt (en tuant sans doute quelqu’un au passage). Quelqu’un nous expliquera qu’il ne pouvait sans doute qu’il ne pouvait sauter nulle part ailleurs mais c’est faux.

Mr Vide

 » avant j’étais aveugle…. « 

addicted2chaos

@Satan La Teube

La réflexion type du (télé)spectateur qui n’a pas aimé se faire mener par le bout du nez jusqu’à la fin. C’est tout l’intérêt, et la force de ce genre de films.

Très bon film, mais comme Usual et d’autres, une fois qu’on connait la fin 🙂
3.5 reste une bonne note, pour ma part ça serait 4.5, voir 5.

sylvinception

Aaahhh ces éternels débats sur la fin du film.
Trip de mauvais goût façon video-gag, pour le moins… irritant, pour rester poli.
Mais en même temps, sans cette fin, pas de rédemption possible pour NVH…

Il n’en reste pas moins que, malgré ses quelques défauts, The Game contient de très grands moments de pur cinoche, et qu’on prends un plaisir jubilatoire à se laisser mener par le bout du nez.

Car le thème principal de The Game, c’est bien sûr l’art de la manipulation du spectateur.
Et sous l’oeil du maestro Fincher, c’est du grand art, justement.