Critique : Seuls sont les indomptés

Jean-Noël Nicolau | 3 mai 2007
Jean-Noël Nicolau | 3 mai 2007

On pourra s'étonner à juste titre de la classification persistante de Seuls sont les indomptés dans le genre du western. Certes, il y a bien Kirk Douglas (alors en pleine gloire de cow-boy), un cheval et un chapeau, mais il s'agit plutôt de l'enterrement quasi définitif d'un genre et d'une époque. Nous sommes en 1962, et le méconnu David Miller adapte le roman de Edward Abbey (« The Brave cow-boy ») sous la plume virtuose de Dalton Trumbo. Mais ici, pas d'Ouest sauvage, bien au contraire, car c'est dans les années 1950 que se situe la grande évasion du solitaire campé par Douglas. La métaphore n'est pas très subtile et les symboles sont évidents (les barbelés qui sillonnent les plaines, les voitures qui manquent de renverser le cheval, un hélicoptère face au fusil...), cependant l'acteur et son metteur en scène insufflent une mélancolie à peine dissimulée sous l'humour.

Dans un ultime baroud annonçant la Horde sauvage, le dernier des cow-boys défie le monde moderne et s'offre une escapade à l'ancienne. Pour l'amitié, pour l'amour (de la toute jeune Gena Rowlands) et surtout pour l'illusion, il s'investit dans un « survival » minimaliste au suspens toujours efficace. Kirk Douglas n'a cessé de clamer que Seuls sont les indomptés était son film préféré et il est clair que c'est une histoire qui lui tenait très à cœur. La mégalomanie de l'acteur y est évidente, mais elle convient parfaitement à ce personnage têtu et roublard, mais avant tout terriblement isolé. Le noir et blanc sublime ajoute à la tristesse d'une œuvre étonnante et rare.

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