Critique : Amer béton

Jean-Noël Nicolau | 25 avril 2007
Jean-Noël Nicolau | 25 avril 2007

Adaptation du manga culte de Taiyo Mastumoto, Amer béton est une demie réussite où se confrontent deux points de vue pas forcément conciliables. D’un côté le professionnalisme du réalisateur Michael Arias, formé aux effets spéciaux à Hollywood, et qui offre ici son premier long-métrage. De l’autre, le studio 4°C, vivier créatif impressionnant, responsable de l’un des films d’animation les plus originaux de ces dernières années : Mind game (toujours inédit en France). Si l’on reconnaît immédiatement le design du studio, ainsi que les pointes de surréalisme qui forment le meilleur de Amer béton, on ne peut que regretter le manque de rythme d’une œuvre aussi longue (près de 2 heures) qui adopte parfois le découpage d’une série télévisée (cliffhangers et personnages secondaires à l’appui). En ce sens, le film de Michael Arias rappelle parfois l’univers urbain chaotique et violent du Paranoïa agent de Satoshi Kon.

Par ailleurs la symbolique assez évidente de l’histoire (Blanc/Noir et leurs rêves/cauchemars) ne parvient pas toujours à coïncider avec les idées les plus délirantes (comme les surhommes destructeurs aux origines improbables). Mais lorsque 4°C prend le dessus, en particulier lors d’un dernier quart d’heure d’une grande puissance, Amer béton intrigue et séduit. Soutenue par une excellente musique électronique du groupe mythique Plaid, l’œuvre est ainsi le point de départ idéal pour découvrir le travail unique du studio et offre une transcription visuelle adéquate du manga.

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