Critique : Pathfinder

Laurent Pécha | 16 avril 2007
Laurent Pécha | 16 avril 2007

Souvent délaissé par les grosses productions, le film d’héroïc fantasy tendance barbare se voit parer en quelques mois de deux projets ambitieux portés par deux cinéastes à la trajectoire étonnamment similaire. D’un côté Zack Snyder (41 ans) et son 300 qui fait suite à un remake (réussi) d’un classique du cinéma d’horreur des années 70 (Dawn of the dead). De l’autre, Marcus Nispel (43 ans) et son Pathfinder qui fait, lui, suite à un remake (réussi) d’un autre grand classique des 70’s (Massacre à la tronçonneuse). Si Pathfinder n'a pas rencontré le même succès que son prédécesseur au box-office (on peut même évoquer le terme de bide), il n'en possède pas moins de solides qualités qui font de lui une sorte de « petit » Treizième guerrier.

Vulgairement « pitché » comme une rencontre improbable entre Le Dernier des Mohicans et Conan le barbare, Pathfinder puise effectivement son inspiration, outre celle d’un obscur film norvégien dont il est le remake, dans ce qu’ont déjà mis magnifiquement en images des cinéastes aussi prestigieux que Michael Mann, John Milius ou encore John Mc Tiernan. Mais la force du film de Marcus Nispel est d'avoir habilement assimilé ces références incontournables du genre tout en imposant subtilement sa patte.

À commencer par l’extraordinaire travail effectué au niveau de la photo (froide et désaturée) signée de son acolyte, Daniel Pearl (Massacre à la tronçonneuse l’original et le remake) qui décidément s’y connaît pour rendre une image poisseuse et terrifiante. Esthétiquement, Pathfinder est ainsi une grande réussite et il ne faut qu’une poignée de secondes pour plonger littéralement dans un univers plus vrai que nature qui n’annonce rien de bon pour les protagonistes de l’histoire. Là aussi, Nispel impose sa patte et ne recule jamais devant rien lorsqu’il s’agit d’intensifier les affrontements brutaux qui opposent les indiens aux vikings. S’il n’arrive pas à atteindre le nirvana du genre (le massacre initial du village indien n’arrivant pas à la cheville de celui qui ouvre Conan le barbare), le cinéaste offre largement de quoi satisfaire la rétine de ceux qui désiraient voir un spectacle barbare et violent. Dommage que tous les nombreux combats ne soient pas logés visuellement à la même enseigne, certains souffrant d’un style trop clipesque.

 
Linéaire (peut être trop), ne s’embarrassant pas d’une psychologie étoffée au détriment de nombreux personnages qui auraient mérité un meilleur sort, quelque peu frustrant dans son final qu’on imaginait plus dantesque (tous ces bémols semblant confirmer les différends ayant opposé Nispel et les exécutifs du studio) , Pathfinder n’en demeure pas moins une œuvre formelle souvent fascinante, portée par un Karl Urban très impressionnant. À l'instar de la maudite director’s cut du Treizième guerrier de McTiernan invisible à ce jour (à jamais ?), on attend donc de voir (en DVD ?) le montage voulu par Nispel…

Résumé

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