Critique : Backdraft

Thomas Messias | 9 avril 2007
Thomas Messias | 9 avril 2007

Étonnamment, peu de cinéastes s'étaient jusqu'ici intéressés aux pompiers, aux dangers qui les guettent à tout moment, à la drôle de fascination exercée par le feu. Derrière un argument touchant au thriller, Backdraft est avant tout la description de la dure vie de soldat du feu, de montées d'adrénaline en terribles moments de doute. Les héros du film sont deux frères qui ont vu leur père mourir dans un ultime élan d'héroïsme, victime d'un retour de flamme (backdraft). Si ce drame reste à jamais ancré dans leurs mémoires, il n'altère en rien leur désir d'endosser l'uniforme et d'aller combattre les incendies. Ron Howard montre plutôt bien l'amour démesuré que les pompiers portent à leur métier, prêts à sacrifier vie de famille pour donner leur vie toute entière au service d'une noble cause.

Cet aspect documentaire est sans doute l'atout numéro un de Backdraft, qui est malgré tout un film très hollywoodien (pour ne pas dire howardien). Se greffe à la peinture de cette corporation singulière une sombre histoire de pyromane en série, bien décidé à semer la mort en faisant jaillir les flammes. Si le whodunit est moyennement convaincant, il permet au moins à Howard d'exécuter d'impressionnantes scènes d'action au cours desquelles les flammes viennent quasiment lécher l'objectif. Spectaculaire en diable, le film parvient en partie à faire comprendre au spectateur comment le métier de pompier peut devenir une drogue. Le feu, vecteur de mort à la beauté majestueuse, est un ennemi sans visage à l'ambivalence pour le moins attirante. Tout cela est follement cinégénique, et l'on se laisse happer par les flammes avec un certain plaisir, malgré de grosses longueurs.

Côté casting, Ron Howard a vu grand, se payant notamment le luxe d'engager un Robert de Niro fraîchement sorti des Affranchis. Si l'un des thèmes principaux de Backdraft est la rivalité qui croît entre les frangins McCaffrey, le duel entre leurs interprètes est en tout cas très déséquilibré : face à un Kurt Russell une nouvelle fois épatant, William Baldwin montre à qui l'ignore encore que la légèreté n'est pas son rayon. Une prestation médiocre qui ne peut que nuire à un divertissement plaisant, valant surtout pour ses moments de bravoure. Le film référence sur les pompiers reste tout de même à faire.

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