Critique : Le Fugitif

Stéphane Argentin | 20 mars 2007
Stéphane Argentin | 20 mars 2007

Rétrospectivement, Le Fugitif (1993) pourrait être « tenu pour responsable » de la fièvre d'adaptations de séries TV sur grand écran qui sévit depuis maintenant plus d'une décennie pour un résultat souvent médiocre – Perdu dans l'espace (1998), Chapeau melon et bottes de cuir (1998) –, parfois plaisant car totalement déjanté – Charlie et ses drôles de dames (2000), Starsky & Hutch (2004), Shérif fais-moi peur (2005) –, mais hélas rarement enthousiasmant – Mission : Impossible (1996), Miami Vice (2006). La faute à ce Fugitif, éclaireur éclairé en matière d'adaptations qui remporta succès public (370 millions de dollars de recettes mondiales, 3.5 millions d'entrées salles en France) et critique (Oscar du Meilleur second rôle pour Tommy Lee Jones sur les sept nominations du film).

Une réussite qui, sur le papier, n'avait rien de vraiment surprenante : un cinéaste, Andrew Davis, très remarqué par sa précédente réalisation (Piège en haute mer et ses 83 millions de dollars de recettes au box-office US), un duo de scénaristes, réputé pour le premier – Jeb Stuart (48 heures, Piège de cristal) –, future valeur sûre pour le second – David Twohy (Pitch black, Abîmes) – auxquels se joignent un ensemble de techniciens de renom – James Newton Howard à la musique, Michael Chapman (Raging bull) à la photographie –, le tout complété par un casting de premiers (Harrison Ford, Tommy Lee Jones) et de seconds rôles (Sela Ward, Julianne Moore, Joe Pantoliano) tout aussi prestigieux.

À l'arrivée, bien que conservant le pitch de la série originelle (un médecin accusé du meurtre de sa femme tuée par un manchot), le film parvient à s'en écarter suffisamment pour aboutir à un résultat à la fois convaincant, haletant et crédible. Ainsi, les différentes scènes d'action optent pour une approche plus « réaliste » et moins pyrotechnique (à l'exception de la mémorable séquence de déraillement en ouverture), et lorsque celles-ci sont à la limite de l'impossible (le saut au sommet du barrage), la peur de périr dans un acte désespéré se lit alors sur le visage de ce bon docteur. Outre son rythme trépidant, la vraie grande réussite du film passe d'ailleurs par ce face-à-face entre le fugitif (le Dr. Richard Kimble - Harrison Ford) et son poursuivant (le Marshal Samuel Gerard - Tommy Lee Jones), deux adversaires dont la pugnacité n'a d'égale que la justesse du duo d'acteurs qui les incarnent.

La progression de l'intrigue, d'une grande fluidité, alterne ainsi le regroupement d'indices de part et part, émaillée de rencontres chocs (le barrage, la prison) en vue d'aboutir à la confrontation finale au sommet d'un immeuble en même temps qu'à la vérité sur toute cette affaire. Celle du film est demeurée immuable depuis 1993 : Le Fugitif reste aujourd'hui encore l'une des plus brillantes adaptations de série TV sur grand écran, si ce n'est LA plus brillante.

Résumé

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commentaires
annatar
14/07/2015 à 22:22

Excellente adaptation de la fameuse série TV , le fugitif est la dernière véritable grande réussite de harrison ford. Un cocktail détonant de suspense et d'action pour ce film, qui s'avèrera finalement comme l'un des meilleurs du genre .

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