Goldfinger : critique l'or est éternel

Erwan Desbois | 12 avril 2020 - MAJ : 15/04/2020 15:02
Erwan Desbois | 12 avril 2020 - MAJ : 15/04/2020 15:02

C'était la troisième aventure de James Bond, et la troisième avec Sean Connery. C'était Goldfinger, sorti en 1965, où 007 affrontait un mystérieux milliardaire, et offrait quelques une des scènes les plus cultes de toute la saga. Et si Goldfinger était l'un des plus grands James Bond ?

LA TROISIÈME EST LA BONNE

Troisième aventure de 007 après Dr. No et Bons baisers de Russie, Goldfinger a fait entrer de plein pied l'agent secret dans la postérité. Il aurait difficilement pu en être autrement, étant donné le niveau de quasi-perfection atteint par cet épisode dans le créneau du divertissement populaire. D'ailleurs, au vu des nombreux atouts du film et de sa résistance au temps qui passe, l'hypothèse selon laquelle celui-ci restera un monument du cinéma même lorsque la popularité de James Bond se sera éteinte est loin d'être farfelue.

Goldfinger a en effet cela de particulier qu'il ne profite pas de la légende de l'agent secret, mais qu'il la (re)crée devant nos yeux. Pour faire un jeu de mots facile  mais approprié  en rapport avec son titre, tout ce que le film touche, il le transforme en or. Le scénario retors, qui enchaîne avec délectation les fausses pistes et les retournements soudains, est digne de l'âge d'or des films noirs hollywoodiens. Les ennemis de Bond atteignent la quintessence perverse de leur rôle de méchants, tant au niveau du cerveau dérangé et sans pitié (le monstrueux Auric Goldfinger, et sa réplique devenue culte « I don't expect you to talk, Mr. Bond, I expect you to die ! ») que de l'homme de main mortel et indestructible, le muet Oddjob, dont Jaws restera à tout jamais une pale imitation.

 

photo, Sean ConneryLa classe, totale, pure

 

LE BON BOND

La mise en scène de Guy Hamilton (qui fera ensuite trois autres James Bond : Les Diamants sont éternelsVivre et laisser mourirL'Homme au pistolet d'or) est elle aussi remarquable. L'utilisation faite des maquettes, et encore plus des effets sonores, déploie des trésors d'inventivité qui font que le film n'a pas à rougir en terme de spectacle, malgré des moyens somme toute limités. On retrouve là encore l'efficacité magique des séries B de science-fiction et des films noirs de l'époque (En quatrième vitesse, par exemple), qui parviennent à vous faire croire à la fin du monde avec pour seuls ingrédients un compte à rebours, quelques bruitages et un montage sec.

 

photo, Sean ConneryUn moment culte, auquel Quantum of Solace rendra hommage


Et puis bien sûr, Goldfinger ne serait pas Goldfinger sans Sean Connery dans le rôle de 007. Après les multiples digressions subies par le personnage au fil des décennies, on est presque surpris par la profondeur et le trouble que celui-ci possédait lors des premiers épisodes. Son humour à froid n'était alors pas gratuit, mais une couverture pour masquer un comportement constamment sur le fil du rasoir dans lequel les sentiments personnels (désir de vengeance, attirance pour les femmes) interfèrent à plus d'une reprise.

Adulte et complexe, confronté à des ennemis à sa hauteur et muni pour la première fois de sa mythique Aston Martin DB5 « personnalisée », ce James Bond au faîte de sa gloire est définitivement insurpassable.

 

Affiche française

Résumé

Scénario, mise en scène, bad guys, Sean Connery... Goldfinger frôle la perfection et reste l'un des plus grands films de la saga James Bond, symbole d'une grande époque.

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commentaires

JamesB.
14/04/2020 à 11:33

La Classe incontournable !

Je suis le docteur et vous êtes les daleks
14/04/2020 à 09:19

France 4 ils ont décidé de passer l'intégrale de James bond tout les 6 mois et comme y en a 24 ça passe littéralement en boucle

Sébastien
13/04/2020 à 23:24

@ Lilie

J'ai hâte d'avoir vos références contemporaines, histoire de me mettre à niveau.

D@rk
13/04/2020 à 19:15

Mes préférés : Goldfinger, Opération tonnerre, Au Service secret de Sa Majesté et l'Espion qui m'aimait.

Pat Rick
13/04/2020 à 16:00

J'ai eu la chance de le découvrir gamin lors d'une reprise en salles et j'avais adoré.

Lilie
13/04/2020 à 13:50

C vrai que c un chef d'oeuvre... pour les vieux schnocks : actrices potiches tjs en bikini, mains au Q, et la conclusion "c son instinct maternel qui est revenu à sa place".
Ok boomer

Kyle Reese
13/04/2020 à 13:28

Mon Bond préféré avec Sean Connery devenu Mister classe international.
Ce Bond a quelque chose en plus qui le rend d'indémodable, une sorte de perfection, un joyaux.
Le film par lequel Bond est devenu iconique.

Je me souviens l'avoir vu tout jeunot à l'époque en VHS et la mort de la jeune femme complice de Goldfinger par asxphyxie à la peinture d'or m'avait vraiment marqué à l'époque. Une mort bien cruelle et vicieuse.

Et puis cette musique de générique et le reste.
Bref .... The Bond quoi.

corleone
13/04/2020 à 12:11

Sans ambiguïté aucune le meilleur Bond avec Sean Connery.

Rudy Mako
13/04/2020 à 02:58

Ce film est une oeuvre d'art. Sa bande originale putain quel délice! Goldfinger un méchant à la cruauté froide, Sean enfin un antagoniste à sa hauteur.

Faurefrc
13/04/2020 à 01:00

Best Bondever... ne serait-ce que pour l’intro avec le faux canard greffé sur la moumoute de Connery

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