Critique : Le Justicier braque les dealers

Francis Moury | 1 octobre 2005
Francis Moury | 1 octobre 2005

À nouveau distribuée par la Cannon Group de « Mémé et Yoyo » (Menahem Golan et Yoram Globus), Le Justicier braque les dealers (Death wish 4 : The Crackdown, 1987) de Jack Lee Thompson est le quatrième épisode de la série initiée par Un justicier dans la ville (Death wish, 1974) de Michael Winner avec Charles Bronson dans le rôle-titre. Le film se bonifie avec le temps. Lorsqu'il était sorti en salles, nous le ressentions comme un film poussif à l'esthétique de téléfilm davantage que de film, au scénario sans originalité particulière. Nous avions tort : il mérite d'être réévalué pour lui-même comme dans le cadre de la série à laquelle il appartient.


Filmographiquement parlant, il se situe dans la lignée ultime des assez bon ou bon Bronson réalisés par Lee Thomson : lignée variée puisqu'elle est composée par Le Justicier de minuit (10 to midnight, 1982), L'Enfer de la violence (The evil that men do, 1983), La Loi de Murphy (Murphy's law, 1986) et de deux autres films qu'ils tourneront l'année suivante en 1988. Et du point de vue de l'évolution de la série, le personnage de Kersey revient à une marginalité fondamentale que le troisième Michael Winner avait tout de même un peu émoussé. La conclusion du film est d'ailleurs magnifique de ce point de vue et sans appel : Lee Thompson fait revivre l'esprit initial qui animait le personnage.


Produit par Pancho Kohner, qui avait aussi financé l'excellent L'Enfer de la violence, Lee Thompson mène ce Justicier braque les dealers sur les chemins du cauchemar et de l'inquiétude : thème du double maléfique réel (joué par l'ici assez bon John P. Ryan) ou né de l'angoisse fondamentale (Bronson lui-même au début du film), retournements de situations (le personnage d'inspecteur joué par Soon-Tech Oh), mort cruelle des protagonistes féminines – l'actrice Kay Lenz, la nouvelle amante de Kersey après Deborah Raffin, avait été l'héroïne de l'excellent La Route de la violence (White line fever, 1975) de Jonathan Kaplan et elle réussit à faire croire sans effort à un personnage pourtant ultra-conventionnel - gangrène sociale incontrôlable. Le scénario de Gail Morgan Hickman est intelligent, le montage de Peter Lee Thompson est fluide, la caméra de Jack Lee Thompson souvent brillante. Même si le film se tient dans les strictes limites d'un petit budget, ce dernier est exploité au mieux. Et Bronson, en dépit de son âge, maintient le niveau auquel ses fans sont habitués.


Les seuls points faibles sont la photo de Gideon Porath (les couleurs du laboratoire TVC sont assez neutres et glacées : c'est un choix volontaire que nous n'apprécions guère – qu'on se souvienne des couleurs baroques provenant du même TVC pour le Maniac (1980) de William Lustig ! - et qui rabaisse un peu le niveau pourtant d'une belle précision et d'une bonne efficacité pris en lui-même) et l'absence de musique originale bien qu'on ait plaisir à réentendre les morceaux bien connus de Jay Chattaway.

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(1.5)

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