Critique : George Lucas in love

Laurent Pécha | 29 avril 2005
Laurent Pécha | 29 avril 2005

Parodie désopilante sur la manière (fictive) dont Lucas aurait créé sa première trilogie est un condensé de bonnes idées brillamment mises en images qui a remporté l'adhésion de quinconque l'a découvert sans parler des multiples prix que le film a remporté là où il est passé.


Alors si bien sûr, il faut être familier avec l'univers inventé par Lucas pour apprécier toute la finesse et la roublardise des gags, le grand mérite de George Lucas in Love est d'avoir su se concentrer sur son récit et d'avoir d'abord cherché à raconter une histoire. Résultat, même les non initiés prendront du plaisir devant cette love story finalement très touchante. Les autres, ceux qui connaissent bien Star Wars, vont se délecter d'un scénario extrêmement malin et documenté qui parvient à replacer de manière astucieuse la plupart des personnages phares de la trilogie (Darth Vador et son fameux souffle, la princesse Leia et ses cultissimes macarons, Han Solo et l'amour qu'il porte à son faucon millenium, Chewbacca et son cri, R2-D2, C-3PO, Yoda, Jabba the Hut…). C'est si bon qu'on en vient à penser qu'il y a forcement une part de vrai dans ce que l'on a vu.


De l'écriture à la réalisation en passant par le jeu des comédiens ou encore la superbe partition musicale qui mixe habilement les scores de John Williams avec celui de Shakespeare in Love, tout est absolument parfait. Idéalement rythmé, George Lucas in Love est un condensé de bonne humeur et d'ingéniosité qui peut se revoir des dizaines de fois sans que le plaisir soit terni. On en viendrait juste à regretter que le film ne soit pas plus long.

Comme il était bien difficile de proposer un DVD avec seulement un film d'une durée de moins de 9 minutes, l'éditeur propose quatre autres courts-métrages. Si Marie, une variation de Nikita matinée d'influences hongkongaises, ne vaut pas tripette, les trois autres méritent plus qu'un coup d'œil.


À commencer par l'excellent Samouraï. Esthétiquement ultra soigné, cette histoire d'affrontement entre deux frères samourai est dédiée à Sergio Leone et Akira Kurosawa. Dédicace lourde à porter et pourtant le film parvient à l'assumer grâce à une rigueur dans le cadrage et des partis pris visuels étonnants.

Vestiaire obligatoire, filmé dans un scope noir et blanc remarquable (auquel l'image du DVD ne rend malheureusement pas hommage) nous permet de retrouver la silhouette inénarrable de Dominique Pinon, acteur fétiche de Jean-Pierre Jeunet. Le comédien est ici parfaitement à son aise dans un film étrange, à mi chemin entre un univers kafkaïen et une certaine dérive onirique que n'aurait pas renié un certain David Lynch. Etrange et plutôt bien maîtrisé.


Dernier court, Mr Clean met aux prises un Monsieur propre virtuel à une tâche récalcitrante. Tourné entièrement en numérique, le film souffre d'une durée extrêmement courte (1mn 20 sans le générique) mais à l'image de son plan à la Matrix où notre héros évite des couteaux, le résultat s'avère probant et plutôt rigolo.

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