Critique : Tarzan

La Rédaction | 29 avril 2005
La Rédaction | 29 avril 2005

Pour leur 38ème long-métrage, les studios Walt Disney s'attaquent à un mythe de la littérature en s'appropriant le roman d'Edgar Rice Burroughs, déjà adapté pas moins de 47 fois au cinéma. Pari difficile, par conséquent, de réaliser un film d'animation sur un personnage immortalisé sur grand écran par Johnny Wessmuller et Christophe Lambert, entre autres. Derrière la caméra, nous retrouvons Chris Buck et Kevin Lima, présents aux génériques de Rox et Rouky, Oliver & compagnie, La Petite sirène et Pocahontas pour le premier ; Oliver & compagnie, La Petite sirène et Dingo et Max pour le second. Ensemble, ils donnent vie au personnage de Tarzan, lui administrant des qualités et des prouesses techniques difficilement réalisables par un acteur de chair et de sang. C'est là la première qualité de ce long-métrage, qui se rapproche du personnage créé par Burroughs, mi-homme mi-animal. Dans le dessin animé, Tarzan se déplace de liane en liane à la manière d'un surfeur, virevolte dans les airs et multiplie les pirouettes en tous genres. Toutes ces scènes donnent matière à une créativité visuelle débordante et communiquent aux spectateurs de véritables sensations (la séquence de la montagne russe parle d'elle-même), grâce à un procédé révolutionnaire le deep canvas, que nous détaillerons plus tard.


Deuxième point, Tarzan ne ressemble pas à une pâle copie du Livre de la jungle, et si les auteurs lui font un clin d'œil malicieux lors de la chanson Trashin' the camp, le film possède son identité propre. En explorant plus profondément les rapports filiaux entre le héros et ses parents « adoptifs », il apporte une dimension nouvelle. Tarzan cherche à la fois sa place dans la société humaine, animale mais également au sein de sa « famille ». Sa quête identitaire lui donne plus d'épaisseur, faisant de lui un homme qui doute, comme chacun d'entre nous. Il recherche désespérément l'attention et l'amour de son père et met tout en œuvre pour être accepté comme un fils. Ses relations avec sa mère sont beaucoup plus simples, mais cela paraît assez évident selon la théorie d'un certain M. Freud. Cette rivalité père/fils est nécessaire à l'épanouissement personnel de Tarzan, qui finira par se produire.


Pour conclure, Tarzan se paie le luxe de séduire tout type de public : les aventuriers en herbe, les amoureux de la faune et de la flore… Le charme opère surtout grâce au personnage féminin, Jane, qui pour une fois n'est pas une bécasse qui attend bêtement le prince charmant. Elle est dotée d'une cervelle (oui mesdames) et elle sait s'en servir. C'est d'ailleurs elle qui « civilise » Tarzan, lui enseignant toutes sortes de choses. Cette transmission du savoir par une femme change la donne et s'inscrit dans la dynamique d'évolution des héroïnes Disney, amorcée par les personnages de Pocahontas et de Mulan. Au final, Tarzan est un pur divertissement au délire visuel impressionnant qui laisse la place à une certaine réflexion, ce qui, avouons le, n'est déjà pas si mal.

Sophie Doinel

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