Fenêtre secrète : Critique

Sandy Gillet | 5 octobre 2004
Sandy Gillet | 5 octobre 2004

Pour son troisième long métrage en tant que réalisateur, David Koepp a finit par craquer en adaptant, comme beaucoup de ses contemporains, une nouvelle d'un Stephen King qui devient avec le temps une sorte de rite de passage, un adoubement cinématographique pour tout cinéaste se spécialisant, entre autres, dans le genre thriller teinté de fantastique de bon aloi.

Scénariste extrêmement habile voire doué, David Koepp compte un nombre incalculable de hits au box-office (Jurassic Parc, Mission : Impossible, Lost world, Spider-man…), qui ont débouché de temps à autres sur de véritables petits bijoux de film noir (Bad influence) ou sur un chef-d'œuvre (Carlito's way). À tout juste 40 ans, il est donc tout naturellement devenu l'un des scénaristes le plus « bankable » de sa génération.

Quoi de plus normal dès lors que de lorgner avec de plus en plus d'assiduité vers la réalisation, comme tout bon « auteur » qui se respecte et qui souffre de plus en plus de voir ses univers être mis en image par des tierces personnes, aussi excellentes soient-elles.
Si Stir of echoes (Hypnose), son précédent film, semblait lui donner plus que raison dans cette volonté d'accaparer ses propres mots et sa propre interprétation d'une histoire qu'il avait adaptée, Fenêtre secrète lui fait faire un grand bond en arrière (de huit ans pour être précis), quand il tâtonnait et nous donnait à visionner l'oubliable The Trigger Effect.

 

 

Il est en effet bien dommage de se laisser déconcentrer par de vastes et amples mouvements de caméra, quand le sujet réclamait justement un traitement plus proche de l'épure. Il est aussi regrettable de gâcher le talent d'un Johnny Depp pourtant passé maître ces derniers temps dans le sauvetage d'entreprises boursouflées (Pirates of the Carribean) ou tout simplement trop ambitieuses pour les épaules du réalisateur (Blow, From hell), et d'un John Turturro à la carrière si délicieusement atypique.

Il est surtout très agaçant de constater que le genre, avec David Koepp, semble figé voire momifié à jamais dans ses codes, que l'histoire du cinéma n'a que pourtant depuis trop longtemps ultra balisés. L'espoir d'un souffle frais n'a pour l'instant duré que le temps d'un film, et, malgré ce vrai faux-pas, on ne peut qu'attendre une confirmation de ce qui devient aujourd'hui, avec Hypnose (Stir of echoes), l'essai-ovni d'une filmographie qui se cherche.

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