Les Disparues : Critique

Thomas Douineau | 28 septembre 2004
Thomas Douineau | 28 septembre 2004

Plus de dix ans après Far and Away (Horizons lointains, 1992), Ron Howard revient à la liberté des grands espaces. Sur un sujet proche de The Searchers (La Prisonnière du désert) de John Ford, le réalisateur s'attaque au western, genre que, de son propre aveu, il affectionne particulièrement. Armé d'un confortable budget (65 millions de dollars), d'un casting de premier choix, de sa capacité à s'approprier tous les genres, et encouragé par ses récentes récompenses aux oscars, Ron Howard entre donc dans cette histoire, qui, sur le papier, pouvait sembler prometteuse.

Pour rester dans le western, disons-le tout de suite, le metteur en scène « grille » d'entrée de jeu toutes ses cartouches. Ce qui aurait pu être un western mystique, très tendance actuellement (sans aller dans le jusqu'au-boutisme, pourtant sincère, d'un Blueberry), ne s'avère être en fin de compte qu'un long parcours (près de deux heures et quart !) ennuyeux où un groupe en suit un autre, le spectateur espérant qu'ils se croisent un jour. Dès le début, Ron Howard enlève tout mystère à son film en identifiant immédiatement la source de la menace et la cause de l'enlèvement (un Indien un peu illuminé, caricature de sorcier, qui fait de la traite de Blanches). Exit, donc, le suspense, la traque, l'inconnu qui auraient pu créer une tension dans son film. Il donne tout de suite les réponses aux enjeux du film : qui ? quoi ? pourquoi ?

Ce ne sont pas la belle photo ni les superbes paysages qui rattraperont la mise en scène peu inspirée du réalisateur. De plus, le film n'emprunte aucune autre piste, en particulier celle des sentiments humains, qui aurait pu, d'une autre manière, emporter le spectateur. Ron Howard a pourtant montré de par le passé qu'il s'attachait à l'humanité de ses personnages... Là où il y avait possibilité de travailler sur l'envie d'un père de se racheter, sur les relations entre une victime et ses ravisseurs, sur l'affrontement de deux hommes partageant la même culture et usant de la sorcellerie, ou sur les rapports familiaux, Ron Howard, armé pourtant d'actrices impeccables, n'accouche que d'un film froid et figé, du fait d'une mise en scène beaucoup trop distanciée et rarement interactive.

 

 

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