Critique : L'Homme qui rêvait d'un enfant

Lucile Bellan | 19 mars 2007
Lucile Bellan | 19 mars 2007

Il est difficile de ne pas aimer L'homme qui rêvait d'un enfant. Tout d'abord parce que ce film fait preuve d'une rare sensibilité et nous offre sa poésie avec générosité. Une fable pour adultes dans laquelle la réalisatrice Delphine Gleize promène chaque spectateur par la main, peut-être par peur d'en laisser certains sur le bas-côté. De plus, il est amusant de voir une femme offrir un film d'hommes. Car c'est un film d'hommes : la rencontre émouvante d'Alfred et Jules (Artus de Penguern et Darry Cowl), et à travers eux le portrait de tous ceux qui ont peur de grandir et de devenir des hommes, nos hommes ; un dernier cadeau offert par Darry Cowl et qui fait presque mal à voir tant l'acteur, mal jugé d'avoir fait des films trop populaires, prouve qu'il avait encore à donner ; et enfin la musique d'Arthur H, plus qu'impliqué dans le projet puisqu'il a composé et performé en live la musique dans plusieurs villes des Landes.

Se découvre ainsi avec délice un univers décalé, impossible à situer dans le temps ou même en France. Certains lieux, comme le restaurant saloon américain ou un orphelinat digne des Disparus de Saint-Agil, contribuent à donner au récit un aspect à la fois irréel et troublant. Delphine Gleize précise même que tous ces drôles d'endroits privilégiés existent et que rien n'a été construit pour le film. A contre-courant, ce conte n'emmène jamais le spectateur là où il pourrait s'y attendre, et lui fait même parfois douter de la réalité des images, comme autant de virgules lyriques et surréalistes. Et c'est en s'y perdant qu'on s'y retrouve le plus. Ces sentiments échappés de l'enfance - de sa propre enfance -, d'une grosse pendule chez grand-mère au bol en faïence pour cadeau, composent les ingrédients d'une recette au dosage magique et au goût des plus agréables. On y sort comme d'un rêve.

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