Critique : La Grande course autour du monde

Laurent Pécha | 19 janvier 2007
Laurent Pécha | 19 janvier 2007

Comédie irrésistible à l'effet boule de neige souvent désopilant, La Grande course autour du monde marque l'un des sommets de la carrière de Blake Edwards. Dans cette œuvre euphorisante qui devrait être impérativement remboursée par la sécu, les comédiens vedettes, Tony Curtis (parfait en séducteur flegmatique et cascadeur émérite), Jack Lemmon (génialissime Professeur Fatalitas, némésis du grand Leslie prêt à toutes les fourberies pour vaincre mais également formidable en Prince héritier adepte de la boisson), Peter Falk (l'adjoint du professeur, véritable empoté qui multiplie les maladresses) et Nathalie Wood (énergique journaliste et inénarrable suffragette dans l'âme, toujours prête à démontrer l'égalité voire la supériorité de la femme sur l'homme) forment un formidable quatuor qui multiplie les gags pour notre plus grand bonheur.

Parfaitement mis en valeur par la réalisation sophistiquée, minutieuse et même avant-gardiste de Blake Edwards (la séquence de chant de Nathalie Wood, véritable karaoké avant l'heure) et la musique génialement lancinante et ironique de Henry Mancini, les péripéties se multiplient avec un remarquable sens du tempo. La richesse des situations offre l'occasion pour le cinéaste de The Party (son autre chef d'œuvre) de rendre un hommage à tout un pan du cinéma hollywoodien (le film n'est pas pour rien dédier à Laurel et Hardy, le duel entre Tony Curtis et le baron Von Stuppe fait directement référence à celui d'Errol Flynn dans L'aigle des mers,...) qui culmine dans une scène d'anthologie. Sans doute l'une des séquences les plus délirantes, les plus drôles que le cinéma ait jamais imaginé : une gigantesque bataille de tartes à la crème qui reste à jamais gravé dans la mémoire de quiconque a eu la chance un jour de la voir.

À noter que comme ce fut le cas avec La Panthère rose, il s'agit du second film de Blake Edwards qui inspira un dessin animé. En effet, le mythique Fous du volant doit beaucoup (tout ?) à La grande course autour du monde.

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