Critique : 2h37

Par Erwan Desbois
27 novembre 2006
MAJ : 18 octobre 2018
0 commentaire

Plusieurs adolescents qui traînent leur mal de vivre dans les couloirs de leur lycée jusqu’à ce que l’irréparable se produise… Vous avez dit Elephant ? Vous y êtes presque. Le jeune (vingt-deux ans) australien Murali K. Thalluri a dû regarder en boucle le film de Gus Van Sant avec un peu trop d’assiduité au moment de mettre en images le suicide d’une amie proche il y a quelques années. Scénario construit sur le principe des destins croisés, mise en scène dont le motif principal est le travelling mélancolique sur fond de musique classique : c’est toute la forme de 2h37 qui pâtit de cette filiation maladroitement exploitée et trop lourde à porter pour un premier film aussi vulnérable.

2h37 est à l’image de ses protagonistes à cheval entre l’enfance et l’âge adulte : fragile et pétri de qualités qui n’arrivent pas toujours à s’exprimer. Les portraits de ces jeunes font pour la plupart preuve d’une réelle profondeur : le duo frère-sœur qui reproduit à l’identique les erreurs de leurs parents est par exemple poignant. D’autres sont trop appuyés, comme le boiteux-incontinent-immigré-sans-amis – ça fait beaucoup pour un personnage. La conduite du récit souffre de la même inconstance, entre des idées efficaces (les confessions intimes des personnages qui rythment le film) et d’autres douteuses. La découverte de l’identité du suicidé tourne ainsi au twist malvenu, qui retire à la scène en question une partie de sa force brute. Trop ambitieux et/ou manquant de recul, 2h37 reste une semi-réussite, que sa dépendance vis-à-vis d’Elephant fait au final basculer du mauvais côté de la moyenne.

Rédacteurs :
Résumé
Suivez-nous sur google news
Pictogramme étoile pour les abonnés aux contenus premium de EcranLarge Vous n'êtes pas d'accord avec nous ? Raison de plus pour vous abonner !
Soutenir la liberté critique
Vous aimerez aussi
Commentaires
guest
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires