Critique : Coeurs

Nicolas Thys | 21 novembre 2006
Nicolas Thys | 21 novembre 2006

On prend les mêmes (Pierre Arditi, Sabine Azéma, André Dussolier, et Lambert Wilson auxquels s'ajoutent cette fois Isabelle Carré et Laura Morante) et on recommence, voilà ce qu'on pourrait penser de Coeurs à première vue. En plus, il est une tiré d'une pièce du dramaturge britannique Alan Aykbourn, duquel Resnais avait adapté son film « 2 en 1 » Smoking / No Smoking sorti en 1993. Mais comme toujours le cinéaste apporte quelque chose de plus : son film n'est pas une répétition, un déjà-vu mais quelque chose de neuf s'en dégage et prouve que Resnais est un cinéaste encore inventif et qui prend plaisir à tourner.

Film choral minimaliste tant dans les décors que dans le nombre de personnages, Coeurs est sans conteste l'un des plus beaux flms de l'année. Contrairement à Smoking... l'action est transposée en France, plus précisément dans quelques intérieurs du quartier de Tolbiac-Bercy à Paris. Resnais modifie également la teneur de la pièce originale pour en faire non plus une simple comédie mais une romance douce et cruelle où tous les genres ne cessent de s'entrecroiser, tous comme les personnages visibles, opérant par là de multiple variations sur quelques thèmes connus : l'amour, le désir et tout ce qui s'en suit en renouvelant complètement les traitements habituels qui leur sont réservés.

Coeurs se dote d'une véritable réflexion sur les liens qui unissent les gens qu'ils soit familiaux, amicaux, sociaux, voire mêmes fantasmés, ainsi que sur le croisement et le choc. En outre, la psychologie des protagonistes s'inscrit dans des préoccupations très contemporaines : notamment en ce qui concerne la multiplication des rencontres amoureuses, la difficulté d'échanger et de communiquer alors que les moyens sont là et la solitude qui en découle. Resnais prouve une fois de plus qu'il n'est pas le cinéaste vieillot et rangé tout juste capable d'amuser la galerie avec des films chantés mais qu'il est toujours un brillant cinéaste, un inventeur de forme hors pair et qu'il est plus que nécessaire dans notre paysage cinématographique hexagonal.

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