Critique : The Oh in Ohio

Par Julien Foussereau
10 septembre 2006
MAJ : 21 mai 2024
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Abandonnée par un mari dépressif et virilement défaillant, une executive woman frigide se met en quête de septième ciel et d’amour, avec des sentiments, des vrais. Résumé ainsi, The Oh in Ohio fleure bon la comédie dite de « femmes trentenaires », tendance à l’origine d’une bonne collection de navets indigestes (Bridget Jones 2, Tout pour plaire, etc.) Pourtant, le réalisateur Billy Kent diffuse une fraîcheur inattendue au sein de cette trame casse-gueule qui, combinée aux dialogues tordants du scénariste Adam Wierzbianski, transforme miraculeusement The Oh in Ohio en une véritable réussite.

Bien qu’il s’agisse de son premier long, Billy Kent en impose avec le regard mi-tendre, mi-ironique qu’il porte sur ses personnages. À la manière d’un funambule, il évolue posément sur un fil ténu séparant le film de studio et l’indie sur lequel il glane l’efficacité à tout prix du premier et l’absence de limites du second. Avec une telle recette, les 88 minutes que compte The Oh in Ohio filent à toute allure (à la manière des meilleures comédies de Howard Hawks) et accumulent les passages osés avec un sens du comique dévastateur. L’addiction accro au vibromasseur, le bippeur comme stimulant sexuel de secours, et surtout, SURTOUT, la grande prêtresse de la connaissance vaginale (incarnée par une Liza Minnelli, hilarante à s’en faire mal aux côtelettes) figurent parmi les morceaux de choix.

Mais limiter The Oh in Ohio à son humour potache serait injuste car, à la différence des comédies de Ben Stiller ne reposant que sur le scénario, Billy Kent a un sens aiguisé de la mise en scène et un amour « Farreliens » pour ses protagonistes. En effet, caché derrière le rire à s’en décrocher la machoire, The Oh in Ohio témoigne de la difficulté de s’épanouir intérieurement dans nos sociétés modernes, froides et coupées de la nature (l’eau y est un élément prédominant.) On terminera en saluant la superbe interprétation du casting et la témérité de Kent à refuser le happy end de rigueur en osant faire de Danny DeVito (qui ne s’était pas montré aussi touchant depuis son apparition dans la série Friends) un homme plus séduisant que Paul Rudd. Et Parce qu’il risquerait bien de donner des leçons à pas mal de tâcherons hollywoodiens fabriquant de la comédie insipide au kilomètre, Billy Kent est un cinéaste à suivre de très près.

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