Critique : Esquisses de Frank Gehry

Par Hoda Kerbage
8 septembre 2006
MAJ : 16 septembre 2018
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Décidément, les grands réalisateurs délaissent de plus en plus la fiction pour se tourner vers le documentaire. Avant que n’arrive sur nos écrans celui de Jonathan Demme (Neil Youg : Heart of gold sort le 27 septembre 2006), Sydney Pollack nous en livre un sur l’architecte américain Frank Gehry, créateur du musée Guggenheim à Bilbao en Espagne. Ayant très vite grimpé les échelons, il s’installe sur le piédestal doré des architectes éternels. Dans 200 ans il y aura encore des gens qui s’extasieront devant le Guggenheim, le bâtiment de l’Experience Music Project à Seattle, la Venice Beach House en Italie, la Vitra Design Museum en Allemagne ou devant la propre maison de Gehry, véritable œuvre d’art. Peut être qu’ils contesteront eux, parce que aujourd’hui, c’est presque une obscénité hérétique que de critiquer Gehry. Du reste la seule personne qui ose le faire dans le documentaire a droit à quelques minutes d’entretien dans un sombre salon poussiéreux – on dirait qu’il sort d’un château médiéval, tout à l’inverse des bâtiments de Gehry, grandioses, joyeux, créatifs et surtout en totale symbiose avec la lumière.

Tout le monde aime, adore, adule Gehry mais à part les louanges consacrées au fabuleux travail de Gehry, le docu nous permet de suivre toutes les étapes d’une création de l’architecte. Des premières réunions de l’équipe à la construction des différentes maquettes, puis leur passage à l’informatique pour peaufiner les derniers petits détails avant la grande aventure de la construction à échelle humaine voire plus qu’humaine. Le film, quelques fois intimiste, souligne parfaitement l’amitié qui lie les deux artistes, Pollack et Gehry et leur complicité ressort naturellement par l’image, même si à des moments, elle les isole dans leur dialogue, dans lequel nous n’avons pas vraiment notre place. L’image est sublime, les plans sont beaux, la musique aussi, Gehry est faussement modeste mais au final, un homme comme lui peut se le permettre, il n’y a qu’à voir ses œuvres et s’extasier, un peu comme lorsqu’on voyage.

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