Le Parrain : critique qu'on ne peut pas refuser

Mise à jour : 13/08/2018 11:42 - Créé : 9 août 2017 - Laurent Pécha

Le Parrain ou l'histoire de l'oeuvre de commande la plus aboutie jamais faite. En 1972, ruiné par des échecs successifs et notamment celui des Gens de la pluieFrancis Ford Coppola est dans l'obligation de trouver du boulot pour faire vivre sa famille (un leitmotiv chez lui qui connaîtra quelques années plus tard de nouvelles désillusions financières suite à l'échec cuisant de Coup de coeur). C'est ainsi qu'il accepte la proposition de Robert Evans et la Paramount pour réaliser Le Parrain.

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COPPOLA, C'EST PAS RIEN

Il faut noter que selon l'autobiographie d'Evans, ce dernier était obligé de choisir un réalisateur italo-américain pour convaincre le studio qu'un film sur la mafia pouvait enfin rapporter de l'argent si aux manettes se trouvait un cinéaste d'origine italienne, ce qui n'avait jamais été le cas jusque là. La réussite d'un film tient souvent à peu de choses. Celle du Le Parrain provient surtout de l'obstination de Francis Ford Coppola à vouloir imposer son casting. Cette saga romantique, dans le sens où elle crée un sentiment d'attachement pour une famille de mafieux, est effectivement portée de bout en bout par des comédiens prodigieux. À commencer par Al Pacino.

L'acteur n'aurait jamais du interpréter Michael Corleone, Paramount et Evans n'en voulant absolument pas. Les tests de Pacino n'étaient jamais concluants pour les exécutifs du studio, ils trouvaient l'acteur fade et insipide. Ils allaient enfin pouvoir le virer jusqu'à ce qu'ils tombent sur les rushes de la séquence où Michael Corleone assassine froidement ceux qui ont voulu tuer son père. Le jeu intense d'Al Pacino les convainc de le garder. Une anecdote étonnante qui montre à quel point l'histoire du film constitue un parallèle parfait avec celle du tournage.

 

photoEt puis Marlon Brando bon sang

 

METS PLUS DE COPEAUX LA 

En effet, si on se réfère au film, on s'aperçoit que c'est exactement ce qu'il fallait ressentir. Au début, et notamment dans toute la scène du mariage, Michael est le petit dernier des Corleone qui n'a pas voulu intégrer les affaires illégitimes de la famille. Il est en retrait, ne désirant jamais ressembler à son père ou ses frères. Et ce n'est finalement qu'au moment où son père est en danger qu'il va se décider à prendre son destin en mains pour venir en aide à sa famille : toute l'histoire du Parrain et ses suites est là. Il s'agit d'un homme qui renie ses valeurs pour sauver et protéger sa famille. Il entre dans la spirale infernale de la violence où chaque événement accentue le danger qui règne autour de lui et de ses proches.

L'autre force du Parrain est son rythme, cette volonté de s'attarder sur chaque personnage, sur des petites scènes en apparence insignifiantes mais qui font naître l'affection que l'on éprouve pour cette famille maudite au destin funeste. Tout cela est d'autant plus précieux que le film tel qu'on le connaît (2h 49min) a failli ne jamais voir le jour et être amputé de 40 minutes. Ample et terriblement lancinant, Le Parrain est la pierre fondatrice d'un des plus grands édifices du cinéma hollywoodien moderne.

 

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Résumé

Avec cette grande fresque tragique, la plus belle d'entre toutes, cette saga inoubliable qui constitue la plus belle déclaration d'amour à la famille, Francis Ford Coppola fait au spectateur d'hier, d'aujourd'hui et de demain, une offre qu'il est vraiment impossible de refuser.

commentaires

Nico 10/08/2018 à 22:35

Effectivement, j'ai beaucoup apprécié Brando et Pacino dans d'autres films comme le dernier Tango à Paris ou les révoltés du Bounty pour le premier, Heat ou Serpico (pour ne citer que les plus connus)pour le second.

Michou-mouse 10/08/2018 à 18:34

Oui Brando dans le dernier tango à Paris est excellent comme dans tous ses films d'ailleurs on est douégalement ou on ne l'est pas

Michou-mouse 10/08/2018 à 18:32

Je me demande ce que vous regardez comme film habituellement pour ce pas apprécier le parrain ,il était une fois l'Amérique, voy âge au bout de l'enfer , les incorruptibles , les affranchis etc , avec des acteurs prodigieux

Theo 10/08/2018 à 18:08

@The defenders: dans les années 70 , marlon Brando est au top dans le film de Bertolucci le dernier tango à Paris, c'est sa prestation que je prefere de loin à celle du Parrain

the défenders 10/08/2018 à 17:54

du très bon cinéma ; avec des Acteurs Géniaux; vous oubliez JAMES CAAN et ROBERT DUVALL...Pour ceux qui ne connaissent pas MARLON BRANDON ; mattez vous le film Les Révoltés Du Bounty ou L Poursuite Infernale avec ROBERT REDFORD !!!

Theo 10/08/2018 à 16:53

@Sigi et Corleone: je vous trouve un tantinet vexés que 'l'on ne puisse pas adherer à un film comme le Parrain, tous les goûts sont dans la nature
et puis toute appreciation d'un art ici le cinoche du parrain 1 étant par nature subjective, je n'ai même pas à me fatiguer pour trouver des arguments,
enfin pour qui s'interesse à la Mafia , allez étudier la Murder Incorporoted, c'est c'estde la vraie mafia , pas la petite mafia romancée sauce Coppola, d'ailleurs Coppola est-il au courant de la Murder Incoporoted, soit il est incompetent , soit il ne veut pas raconter la vraie histoire c'est son choix

Eddie9Felson 10/08/2018 à 11:35

La pierre de rosette de mon amour du cinéma, le 1er comme ses deux suites, une trilogie tel un Everest au sommet du 7ème art. Comme @corleone, bien que tolérant, j’ai du mal à concevoir que l’on ne puisse apprécier l’incandescence du jeu de Brando et Pacino! C’est comme dire que Michel-Ange était dépourvu de génie ou que Messi ne sait pas jouer au foot! Bref, l’un des rares films que je vois régulièrement depuis près de 30 ans, un peu comme l’on feuillette un album de famille, toujours avec autant d’émotion... mon adn de cinéfil.

nico 10/08/2018 à 08:42

@Corleone

Je n'ai jamais dit que le Parrain était un mauvais film bien au contraire si tu avais lu ce que j'ai écris jusqu'au bout et j''aime beaucoup les films de Francis Ford Coppola Je dis simplement que je n'ai pas été convaincu par le jeu d'acteur de Pacino et Brando. Je n'ai pas la science infuse: ce n'est qu'un avis parmi tant d'autres. Et on peut ne pas aimer une oeuvre ou un artiste et reconnaître quand même qu'ils ont marqué l'histoire. Et je ne regarde pas les films de Zac Efron et Kellan Lutz: un de mes films préférés c'est Voyage au bout de l'enfer, donc un peu d'ouverture d'esprit: on est pas ici pour se troller, on échange entre passionné de cinéma. Sans rancune.

Sigi 10/08/2018 à 06:54

Respire Piotr, et relis la dernière "phrase" de Theo. Elle prouve qu'on ne parle pas du tout de cinoche. C'est bien le genre d'anecdotes "who-gives-a-flying-fuck?" de fin de soirée.

Sinon oui, je suis d'accord avec toi. Les classiques dont les contextes temporel ou purement émotionnel m'ont survolé et laissé de marbre sont légions. Et c'est tant mieux. On parle là de l'essence même de la cinéphilie.


... mais il n'empêche que Theo devrait quand même rentrer chez lui.

Piotr Boukaïeff 10/08/2018 à 04:41

T'ain les gens c'est quoi cette pseudo condescendance à 2 balles sur Théo et nico qui ne font qu'exprimer un avis, argumenté, expliquant pourquoi ils n'accrochent pas à ce film ou ses acteurs. Perso je ne le partage pas, trouvant ce film majestueux et ses acteurs mythiques, mais l'appréciation de l'art demeure subjective et personne n'est obligé d'aimer un film considéré comme étant un chef d'oeuvre par le plus grand nombre. Détester le Parrain ou Pacino ou Brando ne fait pas de vous quelqu'un inapte à parler cinéma. Tous autant que nous sommes nous avons tous un film culte que nous n'aimons pas. C'est comme ça tout simplement. L'appréciation de l'art se forge de manière personnelle de par une expérience de vie propre à chacun. Tu ne te lève pas un matin en disant "j'adore le Parrain" si rien dans ton parcours ne t'as "poussé" à pouvoir apprécier ce film. Et ce n'est pas qu'une question de réussite artistique "objective". On peut parfaitement dresser le constat de la qualité d'un film sans pouvoir apprécier celui ci. Par exemple je me rend bien compte qu'Il était une fois en Amérique, ca défonce "objectivement parlant". Tu regardes 2 ou 3 plans du film et tu comprend que ce n'est pas Joe le Clodo le réalisateur. Pourtant je suis incapable de le revoir tant chaque nouvelle tentative se solde par l'ennui et mon abandon. Je l'ai vu une fois, la découverte passait encore mais je n'ai tissé aucune accroche particulière avec ce film et ainsi devoir remater ses 4 heures me semble interminable. Et je ne pense pas avoir à m'excuser de cela.

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