Critique : John Tucker doit mourir

Flore Geffroy | 31 juillet 2006
Flore Geffroy | 31 juillet 2006

Voilà un film prévisible et carré, une de ces multiples comédies légères dont nous font livraison les studios hollywoodiens chaque été, espérant toucher un jack-pot inespéré. Ainsi donc, le beau John Tucker tombe les minettes de son lycée à tour de bras. Il en a les moyens : beau brun, athlétique, baratineur, attentionné... et menteur par omission, puisqu'il sort avec trois donzelles en même temps. John Tucker, c'est Jesse Metcalfe, qu'on connaissait dans la peau de l'amant-jardinier de Gabrielle dans Desperate Housewives. Difficile de ne pas être sous le charme, même si, à 27 ans, il commence à être limite pour jouer les éphèbes de 18. On lui pardonne cette erreur de jugement, parce que, avouons-le tout cru, on en pince vaguement pour lui. Si si. Même largement passé l'âge acnéique.

Les trois copines – limite côté Q.I, mais pas imagination – décident de se venger du bellâtre en utilisant les armes même du séducteur, pour le faire succomber à son tour avant d'être abandonné brutalement. L'appât s'appelle Kate. Nouvelle arrivée dans le lycée, elle est la petite souris discrète restée invisible qui rêve de briller. Elle observe plus qu'elle n'agit, avant d'adopter le comportement de son entourage. C'est donc par ses yeux et son récit en voix off que la tentative de vengeance est vue, ce qui, non seulement, donne une perspective plus personnelle que le énième film de potaches lycéens avec gros gags bien gras, mais aussi une certaine profondeur. Comment s'intégrer lorsqu'on n'est pas dans le moule ? Kate est donc l'héroïne qui s'ignore, celle qui, au fil du film, gagne en maturité et responsabilité.

Si l'on ajoute des dialogues qui pétillent souvent, des scènes poilantes assez réussies (John Tucker surpris en string rouge pétard sur le lit de l'entraîneuse de gymnastique du lycée ; l'équipe de basket en string ensuite ; la pyramide dégringolante de pom-pom girls ; la maladroite innocence de Kate), on a là un produit honnêtement réalisé par Betty Thomas (Docteur Dolittle). Pas de quoi crier au chef d'œuvre, peut-être. Et la vision des lycées Made in USA laisse plus pantois que rêveur. N'empêche, les lolitas lycéennes devraient largement adhérer à cette comédie où tout le monde il est bô, tout le monde il est amoureux, tout le monde il veut sortir avec John Tucker…

Flore Geffroy à Los Angeles et qui en pince pour Jesse

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